A l’Assemblée populaire communale d’Akbil rien ne va plus et la situation qui y prévaut risque de durer et même de conduire cette APC à une impasse. La journée du lundi dernier a été une journée très longue que ce soit pour les élus ou pour les citoyens venus assister et espérer un dénouement, mais qui sont restés sur leur faim. En effet, plus de deux mois après l’élection de l’Assemblée le président n’arrive toujours pas à former son exécutif. Convoqué pour la 3e fois selon le président, ce que réfutent les autres élus de l’opposition, la séance a dû être annulée et reportée à une date ultérieure.
Que s’est-il passé ce lundi 6 février à l’APC?
La réunion des membres de l’Assemblée à laquelle avait appelé le président pour l’installation de l’exécutif s’est terminée en queue de poisson. Prévue à 10h, ladite réunion n’a commencé qu’une demi-heure plus tard, la cause de ce retard est due au grabuge qu’il y a eu durant cette courte séance. En effet en venant à cette rencontre entre élus du peuple (à laquelle nous avons été invités par toutes les parties : les Indépendants ; le RCD et le FFS) la réunion a failli tourner au vinaigre si ce n’est la sagesse de certains parmi les élus. Après avoir souhaité la bienvenue à tous, le maire a ouvert la séance par : « Il y a eu deux séances qui ont eu lieu, la première il y’a eu un PV de carence, la deuxième a été reportée et celle d’aujourd’hui est la 3e. Selon la réglementation, les convocations à cette assemblée ont été envoyées chez l’huissier de justice le 1er février et si l’une d’elle n’est pas parvenue chez un élu comme le dit M. Ouazi, c’est à l’huissier de justifier, alors procédons à l’installation de l’exécutif communal. Cela fait deux mois on a suivi la réglementation, on a reporté à deux la séance, l’article 17 du code communal dit : la 3e séance doit se tenir, on la tient et pour débuter je fais la proposition de l’exécutif ». Le président ne peut en dire plus et ne peut donner les noms des élus qu’il avait l’intention de proposer. « Pas question parlons d’abord de ces convocations », répondent tous à la fois les élus de l’opposition. En effet, les élus du RCD et FFS n’ont pas voulu que l’ordre du jour soit abordé sans que des éclaircissements ne soient donnés par le président de l’APC sur le fait qu’un élu (RCD) n’ait pas reçu sa convocation à cette assemblée et qu’un élu FFS ait été prié de la récupérer chez l’huissier de justice dimanche à 17 heures et à Aïn El Hammam après que quelqu’un l’ait apostrophé au moment où cet élu était dans un fourgon de transport pour rejoindre son domicile « d’ailleurs j’ai eu honte, je l’ai reçu le 5 à 7 heures,en voici la preuve et c’est l’huissier lui-même qui m’a demandé de descendre du fourgon après qu’il en eût été avisé par son messager que j’avais refusé de venir récupérer la convocation qui m’était adressé à Aït Mislatiène et non à Aïn El Hammam,comme 1er et 2e adjoint », avança cet élu du FFS en montrant la convocation à l’assistance et en continuant sur sa lancée « dans le bureau de l’huissier j’ai vu les convocations des deux élus Indépendants, d’un autre élu FFS mais pas celle de l’élu RCD Ouazi et quand j’ai demandé pourquoi ce dernier n’a pas reçu sa convocation, l’huissier m’a répondu qu’il la lui remettrait demain, c’est-à-dire aujourd’hui, jour de réunion et à cet instant la convocation n’est toujours pas arrivée ». A cela le président a répondu que c’était l’affaire de l’huissier de justice puisque pour lui les convocations ont été remises à cet huissier et c’était à lui de les transmettre. Puis ce fut au même élu de réclamer le pourquoi de la suspension de leur camarade élu du RCD ? Sur ce point l’élu concerné a répondu à l’assistance et à ses collègues « je n’ai reçu ni convocation ni suspension et normalement je dois être parmi vous à la même table puisque je n’ai pas reçu de suspension notifiée et d’ailleurs je me demande pourquoi je n’ai pas été convoqué aux deux réunions passées », dira cet élu du RCD qui enchaînera, s’adressant àl’assistance présente : « mes frères je n’ai ni volé ni commis un acte répréhensible et je n’ai qu’un problème administratif » A cela le président a répondu que la suspension vient du wali suite à l’affaire pour laquelle cet élu est poursuivi. Sur cela l’intéressé (l’élu RCD) demanda à faire la lecture du télégramme de suspension pour que tout le monde soit au courant « car je n’ai rien à cacher ni à me reprocher je permet la lecture du télégramme que vous avez reçu concernant ma suspension ». Après insistance des élus et même des citoyens présents, le président fit la lecture du télégramme. Ceci n’a pas permis de dégèler la situation au contraite le secrétaire de séance a faillir quitter la salle suite à la demande des élus opposants « avec tous le respect que je dois à tous,je quitte cette assemblée et cette place car je ne peux travailler dans ces conditions » ; difficilement il a pu être convaincu de changer de place et de rester. Mais c’était sans compter sur l’obstination des élus de l’opposition qui tenaient à ce que l’ordre du jour ne soit pas abordé et étudié. Ainsi, l’ordre du jour de l’assemblée qui était « installation de l’exécutif » ne fut pas abordée même si le 3e sur la liste des Indépendants réussit à placer « j’ai reçu une convocation pour l’installation de l’exécutif et ne suis pas venu pour autre chose ». Mais les élus RCD et FFS étaient venu pour entendre des explications et non pour autre chose, au point que même leurs partisans applaudissaient à chaque mot que l’un d’eux prononçait, ce que ne faisait d’ailleurs que perturber la séance de travail qui ressemblait beaucoup plus à un tribunal. D’un argument à un autre, les élus de l’opposition passaient d’une étape à l’autre au point de faire lecture des articles 32 et 45 sur lesquels s’appuyait le président pour argumenter la suspension de l’élu RCD par le wali et la convocation de l’assemblée pour l’installation de l’exécutif : mais ceci n’a pas réussi à convaincre les quatre élus de l’opposition qui ne cessaient d’accuser le maire d’abus de pouvoir, d’agissements en solo et de « c’est une honte de suspendre un collègue ». N’était la sagesse de certains parmi les élus la situation aurait tourné au grabuge avec cet état d’esprit de parti pour avoir gain de cause « quel que soient les moyens et la manière à utiliser », comme d’ailleurs le dira un élu tête de liste FFS. Il a fallu que le 2e élu sur la liste indépendante, donc du maire, invoque sa souffrance pour que tous décident de reporter la séance à une date ultérieure. C’est d’ailleurs un membre de l’assemblée qui prononça la suspension de cette séance pour une réunion à hui clos, à la minute même. De par cette décision les citoyens se sont retirés sans pour autant quitter le siège de l’APC et les élus sont restés dans la salle de délibérations pour tenter de dénouer la situation. Pendant que les élus étaient donc dans la salle de délibérations de l’APC, nous avons approchés quelques citoyens pour avoir leurs impressions sur la situation que vit leur APC. Ainsi pour Kaci un fonctionnaire de la commune « vu la situation dans laquelle se débat notre APC il me semble que l’Etat doit s’impliquer pour trouver une solution, ceci soit en desserrant une loi s’il y a loi cachée ou suspendre toute l’assemblée et désigner quelqu’un pour gérer les affaires de la mairie dans l’intérêt du citoyen ». Youcef un autre employé de la commune ira dans le même sens en disant « il faut qu’une solution soit trouvée pour cette commune afin qu’elle puisse fonctionner les 14 mois restants pour que le citoyen ne souffre pas de même qu’à l’avenir ce genre de situation ne se reproduise pas ». La personne suivante même si elle n’a pas de parti pris pense « le président est égoïste car il veut que tout l’exécutif soit issu de sa liste alors qu’il y a d’autres formations politiques qui ont des élus que la population a choisi et ces élus doivent participer à la gestion de l’APC ». Les citoyens venus assister au dénouement guettent la porte de la salle de délibérations dès que celle-ci s’ouvrait et qu’un élu sortait pour téléphoner, prendre l’air ou fumer une cigarette c’est tous les présents qui allaient vers lui s’enquérir de la situation au point de faire dire à un citoyen « l’affaire de Saddam n’a pas duré autant ce n’est pas une session onusienne ! ». Continuant à nous rapprocher des citoyens toujours présents nous avons pris d’autres commentaires, Mohamed lui dira « vu qu’aucune liste n’a eu la majorité absolue, il est primordial que tous ces élus travaillent en collaboration si c’est vraiment le bien de la commune qu’ils veulent. Si la situation persiste il y aura blocage de l’APC mais la solution est entre les mains du maire s’il veut faire du bien pour sa commune qu’il installe son exécutif en prenant de chaque parti un adjoint ». Le délégué de l’arch d’Akbil durant le printemps noir, Ould Hamiche Ahmed dira quant à lui « que ces trois partis ramassent leurs affaires et quittent la mairie au lieu de la mettre dans cette situation de confusion totale et la population sera tranquille et ne verra ni entendra tout ce qui se dit et se fait par cette assemblée ». Ètant réunie à huis clos à partir de 11h30, l’assemblée n’a pu statuer sur quoi que ce soit vers 16h, si ce n’est la sortie en colère par deux fois d’un élu FFS, vite rattrapé par celui du RCD pour le convaincre de rejoindre la salle et continuer. Entre temps les citoyens commencent à se disperser même, si dès le début il n’y avait qu’une vingtaine de partisans des deux clans (Indépendants et RCD/FFS) qui d’ailleurs pour cette circonstance se sont alignés sur la même position, à savoir le partage du pouvoir avec le maire indépendant ayant eu la majorité relative avec trois sièges. Karim un autre fonctionnaire de la commune qui attend 16h30 pour rentrer chez lui nous confiera « en tant que citoyen de la commune d’Akbil, il est préférable que cette assemblée soit dissoute et que les élections soient refaites, car entre les élus de cette assemblée beaucoup de mal a été dit il vaut mieux que cette APC soit dissoute ». Sur la même lancée un autre citoyen la cinquantaine enchaînera « c’est un problème de voir qui a fait que les choses sont devenues incompréhensibles et chacun fera la lecture des textes à sa façon, parce que logiquement avec les résultats des élections les comptes sont clairs avec le nombre de voix et de sièges de majorité relative tout est clair ce n’est que l’interprétation des textes par chaque partie comme cela l’arrange ». Au départ il pouvait y avoir une solution et au point où en sont arrivées les choses avec les défis des uns et des autres « taghenant » chez tous c’est vraiment très difficile il va falloir beaucoup de sagesse. Je ne l’espère pas mais je pense que cette situation de notre APC conduit droit vers sa dissolution ». Ce n’est que vers les 17 heures que les membres de l’assemblée ont quitté la salle de délibération de l’APC, mais à comprendre la déception chez certains il a été clair pour ceux qui attendaient encore que la situation est restée telle quelle et qu’aucune solution n’a été trouvée, hormis peut être de se rencontrer de nouveau pour une autre réunion. Nous nous sommes rapprochés de certains élus qui nous ont répondu. Ahmed Saïd Boudjema du FFS répondra : « Notre souci majeur c’est le bon fonctionnement de notre APC et c’est le souci de tous les citoyens qui ont mis leur confiance en nous, j’espère que nous allons être à la hauteur pour dénouer ce problème majeur et ce marasme dont vit notre commune ». Et nous les sept élus nous sommes en train d’œuvrer dans ce sens espérons que nous allons trouver une solution le plus vite possible même si pour le moment la situation n’est pas encore dénouée mais elle est en voie de dénouement. Je ne peux avancer de date ou délai car c’est quand même un problème sérieux mais nous espérons que cela se fera le plus vite possible, et à mon humble avis je crois que cela va rendre un peu de temps et espèrent qu’il y aura une entente ». Signalons que les élus du FFS et un élu du RCD ont envoyé au wali une requête pour « l’informer des irrégularités et entraves majeures qui prévalent au sein de notre commune et exercées par un président en mal de pouvoir qui agit en solo ». Comme ils (les élus) n’ont pas omis de parler de la suspension de l’élu RCD tout en demandant qu’il soit remplacé « dans le cas où la situation de notre camarade élu ne lui permet pas de poursuivre son mandat ». De même que l’élu dont il est question a lui aussi écrit une requête au wali. « Toujours est-il que pendant que certaines tractations se font et que des pressions extérieures ont lieu, nous, les citoyens, attendons l’issue et continuons à applaudir toutes les décisions qui viennent ; il n’y a que nous qui payons ; tous ces élus dès que leurs mandats sont terminés ils s’embrasseront et constitueront d’autres listes et rebelote »; nous dira un chômeur.
B. Mhanna
