Bien que la région ait bénéficié du transfert d’eau à partir du barrage Koudiat Acerdoune (Bouira), il semblerait que le problème d’eau n’y est pas réglé. À entendre les représentants des villages, le manque est signalé même en hiver. En ce début du mois de juillet, la tension monte dans les villages. En effet, les habitants de Ouled Mériem, à la périphérie de la ville regroupant Loukhlandja, Ibarahen et Ath Amar, après qu’ils eurent constaté que l’eau n’a pas coulé de leurs robinets depuis plus de dix jours, ont décidé en ce début de semaine de faire un piquage anarchique sur la conduite principale alimentant aussi bien la commune de M’Kira que les villages environnants (environ plus de 25 000 habitants) en eau potable. N’était-ce la sagesse des présidents des comités des villages privés d’eau, la situation aurait pris une autre tournure. Durant toute la semaine, les représentants des villages d’Ouled Mériem ont multiplié leurs démarches auprès des autorités locales afin de trouver une sortie de crise, en vain. Mais, là aussi, la sagesse de ces représentants a prévalu afin d’éviter que l’action menée par les villageois ne fasse tâche d’huile dans les villages de la commune. Avant-hier, l’association Dda l’Mulud de Khloundja a lancé un appel à tous les comités de villages de la région de tenir une assemblée à la mosquée de leur village. D’ailleurs, depuis que la coordination des comités de villages s’était un peu disloquée, c’est la première fois que vingt et un présidents ont répondu à l’appel. D’emblée, M. Mohamed Mériem, délégué par le bureau de l’association pour présider la séance, a été correct en rappelant à l’assistance que le piratage de la conduite principale n’aurait pas eu lieu si l’eau arrivait dans cette grappe de villages en quantité suffisante. » Le recours à cette action a été la conséquence de la frustration des villageois. Et s’ils ont recouru à cette action, ce n’était pas leur intention de priver les autres, mais c’était, tout simplement une manière d’alerter les responsables locaux sur ce problème récurrent. Tout d’abord, nous tenons à nous excuser pour avoir recouru à ce geste et nous tenons à vous remercier pour votre présence, votre compréhension et votre sagesse. Parce que, nous ne devons pas engager des batailles rangées entre les populations de nos villages, mais nous devons aller en rangs unis pour amener nos autorités à prendre nos problèmes communs en charge. En clair, notre commune est délaissée. Le quota de 14 000 mètres cubes qu’on nous dit pompé vers Tizi-Gheniff est faux. Le constat est fait et c’est à nous de riposter. C’est un peu moins de deux mille mètres qui arrivent quotidiennement. Il est temps qu’on s’unisse pour faire des propositions communes et régler ce problème et beaucoup d’autres ensemble », dira solennellement le président de séance avant d’amorcer le débat tout en décidant séance tenante que ce piquage sera suspendu dès la fin de l’assemblée. De nombreux intervenants ont mis l’accent sur ce problème. S’ils ont condamné cette action, ils n’ont pas ménagé les autorités locales en les qualifiant de laxistes. » Le plan machiavélique et diabolique orchestré pour nous diviser n’a pas réussi. D’ailleurs, la réunion d’aujourd’hui a démontré que nous sommes encore unis. Donc, c’est l’occasion d’agir ensemble », montera une voix de la salle. Comme cet intervenant, ils étaient unanimes à dire que le problème d’eau à Tizi-Gheniff ne date pas d’aujourd’hui. » Durant quinze jours en avril dernier, je faisais le relevé de la quantité d’eau pompée à partir de la SR 4, elle n’a jamais dépassé les 4000 mètres cubes jours. Donc, c’est faux. Ce que nous répondent les responsables locaux est juste pour nous berner », ajoutera un autre interlocuteur. D’autres ont même suggéré que ce problème ne sera solutionné que si le wali intervienne comme il vient de le faire pour les villages où des cas similaires ont été rapportés par la presse. » Nous allons demander la venue du premier magistrat de la wilaya pour prendre, avec les responsables concernés, des décisions pour mettre un terme à ce calvaire », proposera un autre intervenant. Le sujet a été longuement débattu. Il y eut de nombreuses propositions. En terme de cette réunion qui a duré jusqu’à une heure tardive de la nuit, il a été décidé de rédiger une déclaration dans laquelle sera dénoncé le laxisme de tous les responsables concernés par l’alimentation en eau potable dans cette daïra de plus de 45000 habitants, puis de désigner une délégation qui rencontrera dans l’immédiat les responsables locaux dont le maire et le chef de daïra, tout en exigeant la présence des représentants de l’ADE et de l’hydraulique afin de dialoguer et trouver des solutions à ce problème. Dans le cas où ces premières actions n’aboutissent pas à une solution définitive et durable, les représentants de ces villages passeront à une autre action d’envergure dont ils n’ont pas énoncé la nature. Nous y reviendrons…
Amar Ouramdane
