D’Abi Youcef à Akbil – Encore ces singes qui saccagent les récoltes

Les habitants des villages proches de la montagne du Djurdjura ne cessent de se plaindre des ravages que leur cause le singe magot «devenu omniprésent».

Du bourg d’Aourir Ouzemour, dans la commune d’Ath Bouyoucef, à Akaoudj, dans la municipalité d’Akbil, les paysans constatent avec amertume, le ravage du fruit de leur travail. Hachimi, un chauffeur de taxi, nous confie les déboires des villageois «obligés de vivre avec ces animaux protégés par la loi. Dès qu’un fruit apparaît (les cerises ou les figues, il est cueilli par nos voisins indésirables. Il nous arrive de trouver par terre des branches cassées et des fruits verts jetés pêle-mêle. Ils mangent même les olives, faute de fruits de saison». Intarissable sur le sujet, notre interlocuteur ajoute que, «la plupart des petits agriculteurs de chez nous ont abandonné leurs jardins potagers dont ils tiraient de nombreux avantages, avant l’arrivée des singes». En effet, l’eau de source, abondante dans ces régions, «permettait à toutes les femmes de cultiver leurs piments, leurs courgettes et tous les autres légumes dont elles avaient besoin. Elles arrivaient même à en vendre au marché. Ce qui est rarement le cas actuellement. Les singes ont pris possession de nos champs devenus leur territoire. Ils sont présents, parfois en bandes, tout au long de l’année, s’approchant même des habitations construites à la périphérie des villages dont les occupants doivent être vigilants à tout moment». «Nous sommes obligés de vivre portes et fenêtres closes et faire attention à ce que ces bêtes ne s’approchent pas trop de l’appartement. Tout ce que nous laissons à l’extérieur peut être emporté à la moindre inattention», nous confie un habitant. Et à un autre de lui emboiter le pas, «nous avons peur qu’ils s’attaquent à nous dans nos maisons s’ils ne trouvent pas de nourriture dans la nature». Un autre interlocuteur nous apprend même des requêtes ont été adressées aux autorités concernées, il y a environ trois ans, mais sans résultat, «on nous avait promis à l’époque des indemnisations pour les pertes que nous subissons puis, plus rien à ce jour. On se demande d’ailleurs, comment on peut quantifier les dégâts dans le cas où un organisme quelconque déciderait d’apporter son aide aux victimes des dégâts causés par ces singes». Face à ce qu’ils considèrent comme «un désastre», les habitants de ces régions de montagne se disent lésés par la loi qui protège les singes, «on nous a signifié qu’il est interdit de les tuer ou de les frapper. Cependant, on ne nous dit pas comment on doit protéger nos cultures contre eux. Notre patience a des limites».

A. O. T.