Ali Battache, né à Seddouk, s’est intéressé à l’histoire de sa région dès son plus jeune âge. Dès lors, sa voie professionnelle fut toute tracée, puisqu’il enseignera l’Histoire au collège de la ville de Seddouk. S’intéressant à tout ce qui a trait au valeureux Belhaddad qui a mené l’insurrection d’Avril 1871, il s’appuya sur des témoignages de personnes âgées, des coupures de journaux et plusieurs ouvrages, pour organiser des expositions dans des établissements scolaires, à l’occasion de manifestations culturelles et historiques. Après des recherches approfondies, en 2007, il décida d’écrire un livre sur Cheikh Aheddad, intitulé Aperçu historique sur la Kabylie, la vie de Cheikh Aheddad et l’insurrection de 1871, sorti en langue arabe, puis traduit en français. Ali Battache continua à faire des recherches approfondies, si bien que le livre a été amendé plusieurs et en est donc à sa quatrième édition, sortie le mois d’avril passé coïncidant avec la commémoration du 145e anniversaire de l’insurrection de 1871 en Kabylie. Dans les 80 pages supplémentaires, il retrace l’opération de déportation des insurgés kabyles vers la nouvelle Calédonie, une île du Pacifique. «Je complète le livre à chaque fois que je tombe sur des informations qui pourraient intéresser les lecteurs. J’en suis à la 4e édition pour laquelle j’ai ajouté tout un chapitre. Il s’agit du volet des déportations opérées par l’armée coloniale. Un châtiment infligé aux chefs insurgés. Pas moins de 120 d’entre eux ont été déportés pour des raisons politiques. Le reste est considéré du droit commun. Après cinq mois de navigation, plusieurs d’entre eux ont péri en mer. La chanson Al-manfi, reprise par beaucoup de chanteurs, a été composée et chantée par ces déportés. Sur l’île, les déportés ont gardé leurs us et coutumes. Ils s’habillent en burnous et ont même créé une Tajmaât où ils se rassemblaient. Il y avait eu en tout 71 évasions. Le reste a préféré résister jusqu’à l’amnistie générale décrétée en 1895», nous a expliqué Ali Battache. L’évasion de cheikh Aziz a par exemple été décrite en détails. L’auteur a donné beaucoup de précisions sur l’évasion de ce leader qui a défrayé la chronique. «Cheikh Aziz s’est évadé sur un radeau jusqu’en Nouvelle-Zélande d’où il a ensuite regagné Sidney en Australie. Arrivé en Arabie saoudite, il s’est installé à Djedda où il s’est marié et a eu des enfants. Ayant appris l’amnistie du 22 août 1895, il rejoignit la France pour de là regagner son pays. L’ironie du sort a voulu qu’il décède à Paris d’une mort suspecte. Boumezrag et Cheikh Aziz étaient craints par le pouvoir colonial qui a tout fait pour qu’ils ne rentrent pas vivants en Algérie», a ajouté notre interlocuteur. Il nous confiera que ce livre est le fruit d’un travail de longue haleine et d’une recherche approfondie, avec une moyenne de trois heures d’écriture par jour, dans le seul but de faire connaitre l’histoire de notre région aux nouvelles générations. L’auteur nous dira par ailleurs que le livre sera traduit en français et en tamazight. Ali Battache est connu pour avoir organisé plusieurs rencontres sur l’insurrection de 1871, notamment un colloque. Il a également animé plusieurs conférences sur le thème.
L. Beddar

