La saison oléicole s’achève

C’est la saison oléicole la plus courte qu’à connue une bonne partie de la Kabylie cette année, et la région de Boghni n’a pas dérogé à la règle. Au début de février, plutôt fin janvier déjà, la quasi totalité des gaules sont rangées et les olives ont déjà subi la force des broyeurs. Les processions infinies les week-ends et jours fériés, notamment, des saisons écoulées ne sont que des souvenirs, dans l’espoir de les voir revenir les années à venir. Les oliveraies sont désertes à une période où jadis elles étaient peuplées et les fumées des feux matinaux n’éblouissent plus la vision. Beaucoup de propriétaires pour qui l’olive constitue une recette importante se voient très tristes et la mine défaite. Seuls quelques arbres ont donné une récolte qui pourrait tenir place aux huileries. Il n’est un secret pour personne : les dégâts causés par la neige l’hiver 2005, suivis par des incendies par-ci, par-là et une maladie inexplicable de ces oliviers ont lourdement pesé sur la production. Ce qui risquerait de diminuer la récolte sur plusieurs saisons oléicoles à venir, sachant qu’un olivier ne se régénère pas rapidement comme d’autres arbres. Du côté des propriétaires d’oliveraies, la même mine se lit sur leurs visages, eux qui continuaient à recevoir chaque soir des quintaux d’olives jusqu’à la fin du printemps, voient leur chiffre d’affaire se réduire d’un taux plus que considérable. M. S., l’un d’eux, nous a confié que « c’est une saison désastreuse qu’on souhaite ne pas revivre à l’avenir. La plupart des huileries de la daïra de Boghni baisseront rideau dans quelques jours, alors que d’autres l’ont déjà fait. Jamais dans nos souvenirs, les huileries ont arrêté en début du mois de février », a-t-il ajouté, « alors que nous avons continué à recevoir les olives jusqu’à la fin avril pendant certaines saisons très fertiles ». Cette baisse de la récolte chère aux Kabyles connaîtra automatiquement des conséquences diverses comme la mise au chômage précoce de beaucoup de chefs de familles par exemple, mais également le prix de ce liquide vital qu’est l’huile d’olive, laquelle, en dehors de sa forte utilisation culinaire, renferme des vertus curatives diverses. A l’instant même, le prix du litre tourne autour de 300 DA, mais il connaîtra à coup sûr une hausse vertigineuse. C’est une occasion idéale pour ceux qui ont conservé celle des saisons dernières, pour l’écouler… aisément et la tête haute.

Salem Amrane