300 millions d’Africains n’ont pas accès à l’eau potable

Partager

C’est en présence de Abdelmalek Sellal, ministre des Ressources en eau, Mohamed Bédjaoui, ministre des Affaires étrangères, et Chérif Rahmani, ministre de l’Environnement, qu’a été inauguré hier le 13e congrès de l’Association africaine de l’eau (AAE) à l’hôtel Hilton. Plusieurs ministres, ambassadeurs et personnalités ont marqué cet événement par leur présence.Dans son intervention, Sellal a souligné l’importance capitale de l’eau dans le développement socio-économique d’un pays. Une raison pour laquelle ce dernier a plaidé pour la mise en place d’une politique globale à même de palier les phénomènes extrêmes telles la sécheresse et les inondations. Chiffres à l’appui, le ministre a avancé que « plus de 300 millions de personnes, soit le tiers de la population africaine, n’ont pas accès à l’eau potable et autant de personnes n’ont pas accès à un service d’assainissement adéquat. Cette situation se répercute fatalement sur la santé ». Ceci dit, le tiers des pays africains connaissent des situations tendues ou de pénurie avec un ratio inférieur à 700 m3 par an et par personne. Des investissements ont été consentis pour couvrir les besoins essentiels des populations en eau et assainissement qui s’élèvent à 12 milliards de dollars par an. Dans le même contexte, le représentant de l’Union européenne a ajouté que « 1,4milliard d’euros ont été consacrés à l’amélioration de la gouvernance de l’eau et pour trouver de nouvelles sources de financement. 230 millions d’euros vont être débloqués pour la coréalisation de 97 projets. » Il annoncera que 17 pays africains seront en carence d’eau durant l’année en cours.De son côté, Bédjaoui a ajouté qu’ »un habitant sur deux souffre d’une maladie due à l’eau, ce chiffre nous renseigne sur le défi qui attend les pays africains ». Pour faire face à ce problème, notre pays a placé le secteur stratégique de l’eau dans les grandes priorités nationales.Dans son intervention, le président du Conseil mondial de l’eau, M. Loïc Fauchon, a mis l’accent sur la situation actuelle de l’eau qui reste préoccupante, vu le degré de l’épuisement de la nature qui menace le progrès et le bien-être de l’homme.Il avancera que « l’Homme ici comme ailleurs est l’ennemi de l’eau. Soyons responsables et imposons, je dis bien imposons, qu’une part importante des moyens financiers et techniques mis en œuvre soit consacrée à l’aide au fonctionnement des ouvrages et réseaux. Assez des forages ensablés, de pompes gâtées, de réseaux bouchés, faute d’argent pour leur entretien et d’hommes et de femmes pour leur gestion »Pour terminer, il préconise de faciliter la création rapide en différents points d’Afrique d’écoles de la maintenance. En outre, le transfert du savoir doit être repensé : « Construire c’est nécessaire, gérer c’est indispensable », conclura le même expert.

Wahiba A.Y.

Partager