La Kabylie est sans doute la région d’Algérie qui s’est le plus urbanisée depuis l’Indépendance : les villes laissées par la colonisation se sont considérablement étendues, des villages sont devenus de gros bourgs, voire des villes… Quant aux villages, beaucoup ont vu leur physionomie changer, des dizaines de constructions modernes ayant poussé comme des champignons. D’ailleurs beaucoup de villages ont été réunis par des constructions… Mais revenons aux villes. Tizi Ouzou et Béjaïa, pour citer les deux ‘’capitales » régionales, sont déjà de grandes villes qui attirent des dizaines de jeunes, notamment les chômeurs en quête d’un emploi. Ce sont aussi des villes universitaires, qui concentrent d’importantes infrastructures culturelles, économiques et culturelles. Il est donc naturel que ces cités attirent les habitants des zones périphériques, c’est-à-dire à vocation rurale. Et si on croit les prévisions du ministère de l’Aménagement du territoire, cette tendance ira en s’accentuant dans les prochaines années, non seulement en Kabylie mais sur tout le territoire national : sur les 41 millions d’Algériens prévus en 2025, 33 millions, soit 80% de la popualtion totale vivra dans les villes ! Cela suppose une extension encore plus grande des villes actuelles, voire la création de nouvelles villes, avec tout ce que cela peut engendrer de difficultés en matière d’emploi, de logement, de ravitaillement, de transport et de circulation ! Des problèmes pour lesquels il faut chercher, dès maintenant des solutions ! L’Assemblée nationale a déjà voté un projet de loi sur l’orientation de la politique de la ville, proposé par le gouvernement. L’objectif visé est de maîtriser la croissance des villes, de faire en sorte qu’elles ne deviennent pas tentaculaires…
S. Aït Larba
