L’association culturelle Tagmat Ihamziyene organise depuis jeudi la 7ème édition de la Fête de la robe kabyle au village Ihamziyene dans la commune d’Illoula, daïra de Bouzeguène, en collaboration avec le comité du village et l’APC de la localité. Les festivités se déroulent le long du chemin menant de l’école primaire à Tadjmaat au centre du village. Un riche programme a été tracé pour célébrer l’événement devenu une tradition dans la commune. La cérémonie d’ouverture a eu lieu jeudi en matinée en présence des autorités locales et de willaya, de la direction de la culture et celle du tourisme et de l’artisanat, du P/APC, du chef de daïra et de responsables de la Sûreté. Au premier jour de la manifestation, et lors des prises de parole tout ce beau monde a promis «de veiller à la promotion de la robe kabyle comme patrimoine culturel et produit économique prometteur pour le développement local.» L’on annonça également qu’un atelier de confection sera inauguré lors de la prochaine édition de la Fête. Les présents furent ensuite conviés à une collation au foyer des jeunes, suivie d’un défilé de différents modèles de robes kabyles. Une visite guidée fut ensuite organisée au village traditionnel. Notons que 31 exposantes participent à l’événement, avec 20 robes chacune, allant du modèle des Ouadias, à celui de Bouzeguène, de Bouira et bien sûr d’Illoula. En parallèle au sujet principal de la Fête qu’est la robe kabyle, différents produits artisanaux, tels des plats et des bijoux traditionnels sont également exposés. Les villageois et leurs invités ont ensuite assisté au foyer des jeunes, à une conférence-débat animée par Bouhali Fatima et Bennadji Imane sur la relation entre les décorations de la robe kabyle et les motifs de tatouage connus en Kabylie. Les intervenantes expliqueront que chaque symbole a sa signification. La femme kabyle choisit un symbole selon son état d’âme et ce qu’elle souhaite. Certaines expriment leur désir d’avoir des enfants et d’autres leurs tristesses et joies. Le tatouage comme la décoration de la robe kabyle traduisent les aspirations de celle qui les portent. Pour clôturer cette première journée, le public fut gratifié d’un spectacle interprété par le groupe Lewhama. Au deuxième jour de la manifestation, hier vendredi, il y avait au menu de la poésie lue par les membres de la chorale d’Ihamzièneyene et d’autres venues de Béjaïa et Tizi-Ouzou. Il y avait également une pièce théâtrale jouée par la troupe de l’association et le concours de la meilleure robe kabyle.
Un vibrant hommage a été rendu à la chanteuse Louiza qui a fait très bonne impression, de l’avis même des couturières, avec sa tenue pantalon et liquette décorés d’un même style qu’une robe berbère. La chanteuse est en effet connue pour son amour pour la robe kabyle qu’elle porte durant ses spectacles à travers le monde entier avec fierté et joie. Des membres de la chorale locale interprèteront plusieurs de ses chansons, puis l’assistance suivra un exposé sur la vie de l’artiste, parsemé de témoignages de son entourage et de ses amis. La chanteuse a ensuite présenté à l’assistance son dernier album sorti au mois de mars dernier. «Je suis la plus heureuse sur terre. Je m’attendais à cet hommage à Akfadou où je suis née, mais je ne pensais avoir une telle place à Bouzeguène,» dira Louiza. De leur côté les anciens joueurs de la JSK, Iboud, Mokbel, Brahim Adjouti, Abdeslam et Bellhcène ont rehaussé aussi de leur présence cette fête de la robe kabyle. Après une tournée à travers les stands, ils ont fait le bonheur des petits et des grands en jouant un match se foot en fin d’après midi, au stade combiné de la localité. Le troisième et dernier jour de la 7ème édition de la Fête de la robe kabyle a vu les lauréates du concours de la meilleure robe kabyle récompensés par des prix, financés par la CRMA de Tizi-Ouzou. Au menu de cette 3ème et dernière journée de la manifestation, également une Tombola et un défilé de mode.
Fatima Ameziane
