Le maire de Beni Ziki, Moussaoui Boualem, revient dans cet entretien sur la gestion de sa municipalité et les dossiers qui lui taraudent l’esprit.
La Dépêche de Kabylie : Le gaz de ville reste le plus grand souci de la commune. Où en êtes-vous arrivés ?
Moussaoui Boualem : Comme j’ai eu déjà à le dire, on aurait pu être parmi les premiers à être raccordés au gaz naturel. Ce n’est pas logique que cette énergie passe par des communes sans que celles-ci n’en bénéficient. Cela fait deux ans qu’on nous a attribué le budget nécessaire pour la réalisation de ce projet. Les oppositions et le relief accidenté du tracé ont lourdement entravé l’avancement des travaux. Aujourd’hui, nous sommes à 80% d’avancement. Il ne nous reste que 02 KM et je vous apprends aussi que nous allons bénéficier de la réalisation de la haute pression et de la distribution au même temps. Les travaux avancent bien et je constate avec bonheur que les villageois contribuent pour accélérer les travaux en aidant les ouvriers de la Sonelgaz. On espère procéder à la réception du projet en octobre 2016, comme nous l’avons annoncé il y a une année devant le wali. Si on nous laisse travailler, on en finira avec les bonbonnes de gaz et la destruction de nos forêts
Votre commune est connue par ses richesses hydriques. Que comptez-vous faire pour les préserver?
Effectivement, les 3800 habitants de Beni Ziki sont de ceux qui ne sont jamais confrontés aux pénuries d’eau que connaît la majorité des régions du pays du fait qu’on dispose de plusieurs sources. Notre souci majeur est, avant tout, de lutter contre le gaspillage de ce précieux liquide. On a récemment réalisé une conduite spéciale pour alimenter une cité et le campement militaire.
J’ai projeté de réaliser une retenue collinaire au lieu-dit Thankrith, sur une surface de 600 000 M2. Si ce projet se concrétise, on ne parlera jamais de crise à Bouzeguene ni dans d’autres régions limitrophes. On n’aura plus besoin d’être alimentés à partir de Sidi Khelifa comme cela a été annoncé. J’ai sollicité à deux reprises les services concernés lors de mon premier mandat, mais en vain. Je l’ai relancé en 2014 en allant voir le ministre des ressources en eau qui a dépêché une commission, mais aucune suite n’a pu être réservée. Pour rappel, l’étude a été faite en 2007 par l’agence nationale des barrages qui a approuvé la faisabilité du projet. Le dossier est, semble-t-il, soumis à l’APN. On attend. Un deuxième site existe, il s’agit de Wanari. Si ces deux projets arrivent à voir le jour, on ne souffrira jamais du manque d’eau potable à Beni Ziki.
La santé ne fait pas trop la joie des citoyens. Quel est votre avis ?
Si on avait été appuyé par le directeur de l’EPSP d’Azazga lors de la visite du wali, on aurait pu décrocher une structure qui répondrait aux besoins de notre commune qui ne dispose actuellement que de deux salles de soins. Ce qui fait que les gens sont obligés de se déplacer à la polyclinique de Louda ou à Azazga pour le moindre souci de santé. Je dois vous dire cependant que ce projet de réalisation de l’hôpital de Bouzeguene me tient à cœur car je sais ce que les citoyens de ma commune, ainsi que tous ceux de la daïra, endurent pour se soigner.
On croit savoir que l’unique CEM de la commune sera livré en septembre prochain. Qu’en est-il au juste?
Le CEM en question n’ouvrira malheureusement pas à la rentrée prochaine. On a pu réaliser les salles de cours, la cantine et la chaufferie. Il ne peut être fonctionnel du fait que les réseaux d’AEP et d’assainissement n’ont pas été réalisés. L’entreprise en charge des travaux de VRD nous a fait faux bond. Quant à l’entreprise NASRI, engagée pour les travaux de consolidation et l’aménagement du terrain de jeux, elle n’a pu honorer ses engagements pour une histoire d’enveloppe financière insuffisante. En attendant, nos collégiens continueront de suivre leurs cours à l’école primaire d’Amekrez et à celle de Berkis. La commune dispose par ailleurs de quatre écoles primaires à Iguer Mehdi, Iguer Amrane, Agueni Filkan et Mansourah que nous entretenons continuellement. Des enveloppes budgétaires considérables sont dégagées pour l’entretien et les cantines. L’année passée, on a distribué des trousseaux scolaires pour tout le monde. On compte organiser une cérémonie de remise des prix aux lauréats des classes d’examens et elle aura lieu à l’occasion de la commémoration de la journée historique du 20 août au cours de laquelle on va inaugurer la bibliothèque communale.
Que dire de la culture et du mouvement associatif ?
Nous faisons de notre mieux pour encourager les huit associations que compte notre commune. Cependant, il est regrettable de constater que la majorité d’entre elles n’active que timidement. Il y a lieu de rendre hommage aux membres de l’association «SMAIL AZIKIW» de Taourirt Bouar qui font un travail magnifique pour faire connaître ce grand poète en organisant le festival de poésie chaque année. La troisième édition a eu lieu d’ailleurs la semaine passée.
Où en êtes-vous dans la consommation des BS et PCD ?
Je suis à moins de 10% en termes de consommation ! Je suis pénalisé par le non achèvement des travaux de raccordement au gaz naturel parce que la plupart de mes projets concerne le revêtement des routes et pistes en béton bitumineux. Il serait illogique de goudronner une piste avant que les travaux de gaz ne soient achevés. Par ailleurs, j’ai des projets bloqués par le village Mansourah à l’image de l’assainissement, ce qui fait que depuis 2011 à ce jour, on a consommé 04 milliards sur 14. On a pu cependant réaliser l’installation des chauffages au niveau des écoles primaires où on est à 70%.
La région dispose d’énormes potentialités touristiques. Que projetez-vous pour les développer ?
La commune jouit d’un site touristique unique. Il s’agit d’ASWEL qui peut changer le sort des habitants de Beni Ziki. Les étrangers qui viennent pour le parapente qu’on y organise chaque année sont émerveillés. Ils disent qu’on a de l’or entre les mains et c’est à nous de savoir le valoriser. L’année passée, on a enregistré prés de 100 visiteurs venus de toutes les wilayas et même des autres pays. Nous envisageons de fonder une association qui se chargera des sports aériens. La fédération et les étrangers sont d’accord pour nous aider. Nous mettrons bien sûr à leur disposition un bureau et les moyens nécessaires. On n’exigera qu’une chose : que les jeunes de Beni Ziki en bénéficient les premiers.
Pour conclure ?
A quelques mois de la fin de mon mandat, je me rends compte que beaucoup reste à faire. J’appelle les citoyens de Beni Ziki à collaborer avec les autorités pour le développement de leur commune et à en finir avec la culture des oppositions qui ne nous font que perdre du temps et de l’argent.
Entretien réalisé par Fatima Ameziane
