Béni Ziki 3ème édition du Festival de poésie d’expression amazighe – La clôture aura lieu ce soir

La maison de jeunes d’Iguer Mahdi, chef-lieu de la commune de Beni Ziki, daïra de Bouzeguène, en collaboration avec son association culturelle, organise en son sein la troisième édition du Festival de la poésie d’expression amazighe. La manifestation a démarré le 15 août et s’achèvera aujourd’hui.

Un programme varié a été concocté. La cérémonie d’ouverture a eu lieu lundi, en matinée, avec l’hymne national et une minute de silence observée à la mémoire des martyrs. Y étaient présents le chef de daïra, les P/APC de Béni Ziki et d’Illoula Oumalou, les responsables et adhérents des maisons de jeunes de la daïra, des représentants de la DJS, la directrice de la culture de Tizi-Ouzou à la tête d’une délégation et l’élue APW Raab Zahia. Plusieurs prises de paroles eurent lieu, où les intervenants ont souhaité la bienvenue aux participants. Puis ce furent la chorale de Timerrith et celle de la maison de jeunes de Beni Ziki qui interprétèrent des chansons. Le public a ensuite assisté à un spectacle de danse kabyle, exécuté par l’association touristique Iguersafene, puis à une déclamation de poèmes par les lauréats de la deuxième édition. Soulignons que plusieurs expositions permanentes sont installées pour les visiteurs, l’une proposant des robes kabyles, les autres divers objets et bijoux traditionnels et produits de travaux manuels. Il y eut également des séances de ventes-dédicaces de livres, animées par Hadjimi Mohamed, de Boumerdès, venu présenter deux de ses livres Thoudharth noumadyaz et Akchem sya thoufgha syin. Il y avait aussi Nekkar Ahmed et Yahia Yanes, journaliste, écrivain et chercheur en langue amazighe, venu proposer ses œuvres Dkem athayri et Les comptes berbères de Kabylie. A midi, participants et invites furent conviés à un déjeuner dans la salle polyvalente, puis les activités ont repris à 13h30. Fergani Khellaf lira des poèmes de son recueil Les maux des mots, accompagné par de la musique exécutée par le chanteur de la région Ahitos. A 16h, le public put assister à une conférence animée par l’auteur-sociologue Rachid Oulebsir, intitulée «Le patrimoine immatériel de la Kabylie». «Notre langue existe encore grâce aux poèmes devenu chants. Le rôle du poème fut primordial pour la sauvegarde de la langue et du patrimoine immatériel de la Kabylie. Lala Khedidja Thoukrift, Si Mohand Oumhand, Youcef Oukaci, et d’autres, ont chanté pour transmettre les mots et sans eux Tamazight ne serait pas parlé aujourd’hui encore… Nos ancêtres se sont battus pour cela et notre mission est de multiplier nos rencontres et nos recherches pour préserver ce qui reste de la poésie dont nous avons hérité… Je suis certain que c’est grâce à la poésie que la langue amazighe est encore vivante», dira en substance le conférencier. Boualem Messoussi, président du jury, dans une allocution, n’a pas caché sa joie de participer, pour la troisième fois, à ce Festival, et d’accompagner et sélectionner les meilleurs parmi 30 poètes qui se sont présentés au concours. A 17h, les poètes participants et les exposants purent découvrir Beni Ziki à travers une visite guidée au site Adardar. Après le diner, la soirée se prolongea avec encore beaucoup de poésie. Pour le deuxième jour du Festival, hier mardi, un concours de dictée en tamazight a été organisée, à 9h, pour les enfants âgés entre 12 et 16 ans. Il fut suivi de deux séances de déclamation de poésie, l’une avant et l’autre après le déjeuner. Puis, place à la littérature, avec Guemmar Mbarek. Une veillée astronomique et une conférence sur le thème a ensuite été animée, juste après le diner, par Rachid Khelout, membre de l’association «Les petits débrouillards» de DBK. De la musique et des Ichewiken sont au menu aujourd’hui, troisième et dernière journée des festivités. Il y aura également la remise des prix aux lauréats du concours et des attestations de remerciements, après une Tombola. Une collation est prévue pour clôturer l’édition de cette année. «En plus des trois prix des meilleurs poètes, il y a également le prix du jeune talent, pour encourager les vocations. Il y a aussi un prix pour la poésie féminine, pour encourager la participation des femmes, car ce sont elles qui transmettent la langue aux enfants. La poésie est un art que nous voulons mettre en valeur», nous dira en aparté M. Smail Kessous, directeur de la maison de jeunes de Beni Ziki.

Fatima Ameziane