Le stade communal Ighil n yiklan, situé sur les hauteurs de la commune de Chemini, a vibré durant tout un mois au rythme des rencontres footballistiques regroupant une ribambelle de villages. Le tournoi en question est organisé par les membres de l’association Socio- environnementale At Sula réunissant seize équipes issues des bourgades relevant de la commune de Chemini. Des centaines de jeunes se déplacent à chaque rencontre pour regarder allégrement entre amis des rencontres inter-villages où le show est assuré par les supporters, le tout dans une ambiance chaude et euphorique. En l’absence d’autres loisirs dans cette région gagnée par la monotonie, ledit tournoi de football vient à point nommé pour égayer un tant soit peu les amateurs du ballon rond, notamment en cette période de grandes chaleurs. Cette manifestation sportive a drainé un grand public venu en masse pour assister aux différents matchs où les joueurs se donnent à fond pour honorer les couleurs de leurs villages respectifs. Placé sous le signe d’hommage aux 75 martyrs tombés au champ d’honneur le 23 mai 1956, les organisateurs tiennent mordicus à ce que cette date soit marquée à jamais. «Une date indélébile ancrée dans les esprits de la population locale, notamment les personnes du troisième âge», insiste un organisateur du tournoi. La finale, qui s’est déroulée dans un climat de convivialité a opposé les deux équipes Djenane et Agouni, laquelle s’est soldée par la victoire de cette dernière par le score de 2 buts à 1. La chance n’a pas souri encore une fois aux Djeninois ayant perdu la finale de l’an dernier. Toutefois, le fair-play était au rendez-vous. Tout au long du tournoi, de jeunes talents ont brillé par leur jeu créatif digne des grands joueurs. Dans la foulée, les organisateurs et les équipes participantes tiennent à réitérer leur vœu de promulguer le stade communal en stade olympique, comme promis par le premier magistrat de la wilaya lors de sa dernière visite. Niché sur une colline, le stade reste à la merci du vent et de la pluie, en sus, le tuf n’est plus adéquat pour abriter des rencontres footballistiques dignes de ce nom. Il est grand temps de penser aux centaines de jeunes talents perdus dans la nature en l’absence d’une réelle volonté de redonner vie au sport roi dans cette contrée reculée.
Bachir Djaider
