Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de pétrole brut pour livraison en mai baissait de 53 cents à 55,50 USD lors des échanges électroniques. Le baril de brent de la mer du Nord perdait 42 cents à 54,17 dollars. Le dollar s’est envolé face à l’euro après la décision de la Réserve fédérale américaine (FED) mardi de relever ses taux d’intérêt de 25 points de base à 2,75%. Les cours du pétrole s’échangeant en dollars, les spéculateurs ont vu dans le rebond du billet vert une bonne opportunité de vendre. Pour les observateurs, il s’agirait-là d’une des raisons évoquées ayant contribué sensiblement à la baisse des cours, mais l’on précise que cela est dû à une combinaison de facteurs, dont la forte présence des fonds spéculatifs, le niveau adéquat des stocks d’essence à l’approche de l’été, et la volonté de l’OPEP d’accroître sa production. En effet, le président de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) serait en discussion avec les membres du cartel pour une éventuelle augmentation de la production de 500 000 barils par jour après la première hausse décidée la semaine dernière, et ce, en vue de baisser les prix du pétrole fixés en moyenne à 55 dollars. Telle rapportée par la presse étrangère, cette décision ne sera pas prise avant deux semaines. « Pas dans le futur immédiat. Au moins 10 à 14 jours, jusqu’à deux semaines », a répondu Cheikh Ahmad Al Fahd Al Sabah, président de l’organisation à cette question. En attendant cette solution, le marché pétrolier ne semblait pas être influencé par les efforts fournis par l’OPEP pour stabiliser les cours, rappelle-t-on. L’annonce récente d’une grève de trois jours faite par les syndicats des travailleurs pétroliers au Nigeria, la faiblesse des stocks d’essence aux Etats-Unis sont les préoccupations majeures des opérateurs dont la montée des inquiétudes qui alimentaient fortement depuis le début de cette semaine la flambée des cours. En attendant les chiffres hebdomadaires des stocks Les investisseurs attendaient hier la publication des chiffres hebdomadaires des stocks américains pour la semaine achevée le 18 mars. « On s’attend à une progression des stocks de brut et bien que les stocks d’essence soient attendues en baisse, ils sont à un haut niveau », a indiqué un analyste. Les stocks d’essence ont déjà reculé au cours des deux dernières semaines, mais demeurent supérieures de 11% à leur niveau d’il y a un an. Les réserves de brut sont de 9,2% supérieures à celles de l’an dernier à la même époque et celles de produits distillés sont inférieures de 5%, mais ceux-ci ont moins d’importance maintenant que l’hiver a pris fin. Les opérateurs commencent à éloigner leur attention des stocks de fioul de chauffage et à la porter sur l’essence, en préparation à la saison estivale lors de laquelle les Américains font de nombreux kilomètres en voiture.Par ailleurs, pour ce qui est de la possibilité d’accroître une nouvelle fois ses quotas de la production-OPEP, le marché estime que le cartel n’a pas les capacités de production suffisantes pour satisfaire une demande mondiale attendue en hausse de 2,3% cette année. La raison est que l’OPEP a un nombre « limité de cartes à jouer », estiment les analystes, et ajoutent que plus elle en joue maintenant, moins elle s’en garde pour le cas où une perturbation de la production surprenne le marché. Une autre raison avancée est le type de brut qu’elle injecte sur le marché. L’on estime que cette énergie ne va pas apaiser les inquiétudes sur l’essence, car c’est un brut lourd et à forte teneur en soufre qui n’est pas vraiment recherché par les raffineries. L’Opep dispose encore d’une capacité de production de 1,4 mbj au maximum, dont la moitié en Arabie saoudite et 500 000 barils en Irak. Enfin, le prix officiel du panier de l’OPEP, moyenne de sept bruts mondiaux, s’est replié à 51,03 dollars le baril mardi, contre 51,76 USD lundi, selon le secrétariat du cartel.
Sabrina Bouras
