L’inquiétude s’empare des pères de familles à l’approche de la rentrée scolaire, devançant d’une semaine, cette année, la fête de l’Aïd El Adha. Déjà avec un pouvoir d’achat qui ne cesse de rétrécir, toute dépense en plus ne serait, par conséquent, qu’une source d’angoisse pour eux. »Je ne pourrai acheter le mouton même si son prix baisse, préférant réserver mes économies pour l’achat des fournitures scolaires à mes trois enfants », dira une jeune femme abordé dans une librairie aux Issers. La masse des smicards et autres employés vacataires ou saisonniers vont recourir encore à la friperie. Et certains d’entre eux pensent à juste titre qu’aller dans ce genre de points de vente, particulièrement tôt le matin, leur permettra d’y trouver de bonnes occasions. »Il n’y a pas d’autres choix si l’on veut réellement prendre en charge les exigences du suivi pédagogique de nos enfants », dira pour sa part un agent communal ayant trois enfants à charge. En cette période, les cadres moyens sont eux aussi mis à rude épreuve. Ceux qui pensent à tort ou à raison que l’enseignement dans les écoles publiques est défaillant, se tournent vers les écoles privées où ils dépenseront rien qu’au premier trimestre près de 100 000 DA. D’autres, plus nombreux, opteront encore pour les cours payants, avec au total une dépense de quatre ou cinq millions de centimes annuellement pour un lycéen ou un collégien. Leurs enfants candidats aux examens ne peuvent, pour autant, se passer des manuels de soutien pédagogique et dont les prix augmentent chaque année. »Mon fils m’exige presque chaque mois de lui acheter de nouveaux annales, notamment en mathématiques et en physique », dira un employé de la santé à Boumerdès. Pour lui, comme pour d’autres encore, l’on pourrait penser peut-être à la fête de l’Aïd El Adha après la rentrée scolaire, d’autant que les instances concernées promettent une baisse importante du coût du mouton.
Salim Haddou
