Boghni – La décharge d'Ichiouache toujours bloquée

Depuis plus de deux mois, les riverains de la décharge d’Ichiouache, sise sur le CW 128 vers Tizi-Ouzou, campent sur leur position. Aucun camion n’est autorisé à décharger les déchets dans cet endroit jugé inapproprié par les habitants. « Nous avons attendu longtemps. À chaque fois, on entendait que le centre d’enfouissement technique allait être mis en service, mais sans jamais voir la chose se concrétiser sur le terrain. Nous maintenons toujours cette action parce qu’il est temps qu’on nous laisse vivre dans un environnement sain. Nombreux sont les habitants de cette contrée qui souffrent de maladies respiratoires causées par les incinérations des ordures », nous répondra un contestataire approché à ce sujet. Du coup, les APC qui y déchargeaient leurs ordures ménagères ont été contraintes de signer des conventions avec le CET de Oued Falli. « Notre convention de deux mois vient d’expirer. Nous venons de recevoir une autre convention pour les deux prochains mois », nous confiera le maire de Bounouh. Et de poursuivre: « en plus de cette somme de 43 millions que nous devons verser, l’enlèvement des déchets ménagers nous pénalise au plus haut point, d’autant plus que nos moyens sont faibles. Nous ne faisons qu’une rotation par jour. Tout d’abord, c’est loin et puis parce que nous n’avons qu’un seul camion. Par le passé quand on déchargeait à Boghni, nous utilisions des tracteurs », enchaînera-t-il. Comme ce maire, les autres des municipalités de la daïra de Boghni se trouvent dans la même situation. D’ailleurs, ils ne cessent d’interpeller les responsables concernés à faire bouger les choses afin que ce projet tant attendu devienne opérationnel. « À chaque fois que cette question ‘’surgit’’, on nous dit qu’il le sera dans quelques jours. Mais, apparemment, ce n’est pas pour demain », estimera notre interlocuteur. Il faut rappeler que ce projet lancé en 2012 a butté dès le début sur des oppositions. Si, pratiquement, il est fin prêt, on croit savoir, tout de même, que le problème d’accès vers cet endroit n’est pas encore résolu. Ce CET, le quatrième du genre au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou, après ceux de Oued Falli, de Draâ El-Mizan et des Ouacifs, opérationnels depuis des années, est indispensable dans cette localité. Il viendra soulager en plus des quatre communes de la daïra, celles des Ouadhias et de Maâtkas. En somme, une dizaine de municipalités au total. Il ne faut pas sous-estimer la quantité d’ordures ménagères produite par ces municipalités, laquelle se chiffre à des milliers de tonnes par jour. D’autre part, la mise en service de CET permettra de combattre toutes ces décharges sauvages improvisées ici et là sur le territoire de ces communes, quand on sait que du côté d’Assi Youcef, l’un de ces dépôts à ciel ouvert arrive presque dans le parc national du Djurddjura, enlaidissant les paysages verdoyants.

Amar Ouramdane