En absence d’infrastructures de loisirs ou d’activités de détente et récréatives durant la saison estivale et les grandes vacances scolaires, les jeunes de Saharidj se rabattent sur ce que leur offre Dame Nature. Ainsi, les divers points d’eau en haute montagne à l’image de Tala Rana, Tala n Vuhrev, l’Aïnser Guidawen (source des singes) pour ne citer que ceux au débit important sont des sources naturelles entourée d’un merveilleux couvert végétal qui crée un décor de rêve. En ces lieux règne une animation particulière durant toute la saison chaude. D’autres jeunes, et ils sont nombreux ces amateurs de baignades, se rendent dans le plus important cours d’eau pour s’y adonner à leur loisir des plus favoris et piquer une tête dans l’eau fraîche et propre par temps caniculaire. Assif Levaâl est l’un des plus importants cours d’eau de Saharidj. Il prend naissance au lieu-dit Idhkhou, à quelques encablures du sommet de Tamgout sur son flanc sud-est et finit sa course à la limite entre la commune de Saharidj et celle de M’Chedallah pour rejoindre Assif Wakour. Les deux oueds fusionnés continuent leur parcours ensemble pour aller se jeter quelque 07 Km plus bas dans la rivière Assif N’Sahel au lieu dénommé Achadhoukh, à proximité du village Raffour. Assif Levaâl est l’un des affluents de la région qui ne tarit pas durant toute l’année sachant qu’en plus de la fonte des neiges, il est alimenté par plusieurs sources naturelles vives dont il reçoit et draine les débits en faisant office de collecteur sur environ 20 Km. Son cours d’eau se transforme en violent torrent durant les crues hivernales à tel point que, durant ces crues, il y charrie d’énormes masses rocheuses qui s’entrechoquent en faisant vibrer le sol à plusieurs kilomètres à la ronde. Cette rivière qui descend presque à pic par endroits est jalonné de mini cascades qui creusent et élargissent un peu plus chaque année les points de chutes d’eau. Ce qui est à l’origine de la formation des cavités qui la parsèment, formant à leur tour de petites retenues collinaires naturelles où s’accumulent d’importantes quantités d’eau. Se forment ainsi des sortes de piscines naturelles dénommées localement «Thamda» où vont barboter les jeunes de Saharidj durant les journées caniculaires. Un rituel ancestral qui n’a jamais cessé de fonctionner même durant les années de la décennie noire durant laquelle les jeunes, bravant les hordes barbares, cédaient à l’appel enchanteur de ces lieux féeriques en s’y rendant au péril de leur vie. Cette année, et depuis le début de la saison estivale, des groupes de jeunes reprennent le chemin en direction de ce ruisseau situé à peine 2 Km à l’est du chef-lieu de commune, chaque jour à partir de 10 h, pour ne rentrer que vers 18 h. Chaque groupe a sa propre «Thamda» (bassin naturel) baptisée selon la parcelle de terrain la plus proche qui sert de repère. Parmi les plus connues, citons : Thamda Ichirane,Thamda N’Vourouh, celle d’Ighzer Bouchen et Thamda Mekhchem. Elles sont prisées non seulement parce qu’elles sont larges et profondes, mais surtout pour la simple raison qu’elles sont entourées de buissons touffus, ce qui permet aux amateurs de plongeons de se dévêtir en toute discrétion à l’abri des regards des familles et des personnes âgées qui se rendent dans les champs. C’est l’un des loisirs le plus prisé des jeunes dont l’âge varie entre 10 et 20 ans, qui y passent le plus clair de leur temps. En effet, piquer une tête dans cette eau claire, limpide et fraîche par ces temps de chaleur torride, procure un agréable et irrésistible plaisir dans ces régions du pays profond où les lieux de loisirs sont plutôt rares pour ne pas dire inexistants. Dame Nature offre gracieusement ces charmants lieux où chacun peut s’offrir des moments de loisir et de détente sans débourser un sou. Des lieux agrémentés par le chant de toutes sortes d’oiseaux qui viennent se désaltérer et profiter aussi de la fraîcheur douce qui enveloppe l’endroit agréablement embelli par les alignements de lauriers roses qui fleurissent justement en été. Des fleurs qui distillent leur agréable parfum au contact des rayons du soleil et qui ne commencent à faner et à perdre de leurs enivrantes senteurs qu’avec l’arrivée du froid de l’hiver. La ruée des jeunes de Saharidj vers Assif Levaâl s’explique aussi par le fait que son cours d’eau est pur n’étant pollué par aucun rejet d’assainissement ni souillé par d’autres impuretés. Cela en raison d’absence d’agglomérations entre Saharidj et le point de départ de ce ruisseau et tout le long de son parcours. Notons enfin que l’affluence d’une jeunesse en mal de loisirs vers ce cours d’eau, aurait dû inspirer les autorités pour procéder à quelques aménagements tel que l’élargissement de ces cavités à l’aide d’engins de travaux publics pour en faire des piscines naturelles au sens propre du terme, sachant que l’essentiel est déjà disponible (eau, terrain et cavités naturellement façonnées). Une observation valable aussi pour les APC de Chorfa et Aghbalou qui disposent, elles aussi, d’Assif Aghbalou qui présente les mêmes caractéristiques topographiques que ceux de Levaâl, Wakour et Assif Assemadh dans la commune de M’Chedallah. Qui ne rêve pas de piquer une tête dans l’eau fraîche par ces moments d’insupportables chaleurs ? Rappelons qu’en matière de loisirs dans ce domaine, exception faite de la commune de M’Chedallah qui a bénéficié d’une piscine semi olympique mise en service depuis deux ans, aucune autre municipalité de cette daïra, la plus riche en ressources hydriques à l’échelle de wilaya, ne dispose de piscine. La plupart des jeunes des communes limitrophes ont recours à la location de minibus que quelques APC mettent des fois à leur disposition gratuitement pour se rendre sur le littoral vers Bejaïa, généralement, aux plages les plus proches, soit d’une distance de seulement 80 km.
Oulaid Soualah
