Transport anarchique

Si le transport existe, c’est bien pour pouvoir se déplacer de son domicile à son lieu de travail ou au lieu où l’on fait ses études… Sans aucune anomalie. Cependant, cette règle n’est pas appliquée par les transporteurs du village Guemguouma, village implanté à 7 km au sud-est du chef-lieu de la commune d’El Esnam. En réalité, le problème de transport qui se pose dans ce village est d’une toute autre dimension, car il ne s’agit pas de manque de fourgons mais du système pratiqué par les transporteurs. A ce titre, les propriétaires des fourgons au lieu de revenir une fois qu’ils ont fait leur première rotation dudit village à El El Esnam, afin de transporter « les autres », ils font durer leur retour pour trouver les premiers arrêts pleins. C’est pourquoi, ils font demi-tour à mi-chemin et avec des surcharges (parfois plus de vingt élèves dans un fourgon J5), et là, c’est la vie des voyageurs qui est en danger car si un accident surgit la catastrophe sera lourde, surtout quand on sait que pour relier le chef-lieu les transporteurs sont contraints d’emprunter la route nationale N°5 sur un trajet de 2 km. Les citoyens, devant la rareté des transporteurs le matin, se trouvent obligés de parcourir une distance de 4 km à pieds, voire plus, chaque jour, en été comme en hiver, jusqu’à ce qu’ils croisent un bus. Bien sûr, ceux qui souffrent le plus sont les écoliers, notamment les filles, lesquelles font quotidiennement le parcours du combattant. Face à cet état de faits, les villageois ne savent ni quoi faire ni à quel saint se vouer pour résoudre leurs problèmes. Et ils expriment leur colère : « Nos enfants sont confrontés à un véritable problème de transport, quotidiennement, surtout le matin. Ils sont contraints de marcher sur une distance de 4 km même quand il fait mauvais temps. On a assez de bus. S’il s’organisent chacun se déplacera de son domicile le moment voulu, mais, hélas, il paraît que l’avidité du profit a gagné leurs esprits », nous a dit un habitant du village. Il convient de signaler que le même problème se reproduit le soir.

M. Ali