5 millions de centimes le mouton moyen

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Le grand parc de stationnement de camions de gros tonnages a été transformé en un point de vente de moutons, Aïd El Adha oblige. Son entrée est encombrée par un grand nombre de bottes de fourrage empilées de part et d’autre. Chaque botte, d’une quarantaine de kilos, est proposée à 1000 DA. Il y en a qui proposent des sachets, d’un kilo d’orge chacun, à 40 DA. Des affuteurs de couteaux sont là aussi, proposant leurs services. Pour ceux qui auraient faim, il y a même un fast-food qui a installé ses tables et chaises entre les troupeaux de moutons. Le point de vente est immense. Il peut contenir des milliers et des milliers de moutons. Mais ce que le visiteur trouvera, ce sont surtout de petits troupeaux d’une dizaine de têtes chacun. Les ventes n’ont pas vraiment atteint leur vitesse de croisière. La conclusion de la vente du mouton est indiquée par une petite motte de terre ou un petit caillou que le vendeur ramasse part terre et pose sur le dos du mouton. Aux heures où les ventes battent leur plein, les abords du point de vente sont encombrées de camionnettes pour le transport du mouton acheté. Un groupe d’hommes entoure un cheptel de cinq ou six bêtes et tente tant bien que mal de faire aboutir la vente d’un mouton. Le maquignon refuse de donner son prix mais indique qu’un précédent client lui avait offert 3 millions 500 mille centimes, l’acheteur lui ajoute 2 mille DA d’une traite, le vendeur tourne la tête, ce qui veut dire qu’on est loin du prix escompté. Le client visiblement intéressé par le mouton qui a une belle allure et deux petites cornes rajoute encore deux autres milliers de DA puis un troisième millier, soit un prix de 4 millions de centimes. Le vendeur ne montre aucun signe de consentement. Alors les personnes qui assistent à la scène demandent au vendeur de donner son prix. Difficilement, il prononce 4 millions 500 mille et pas un centime de moins. On essaie de le raisonner pour qu’il baisse son prix, il descend son prix d’un millier de DA. Le client rajoute encore deux mille DA, soit un total de 4 millions 200 mille centimes. La différence est donc de 2 mille DA. La vente a fini par se conclure à 4 millions 3 mille. Non loin de là deux jeunes maquignons tiennent un petit troupeau de cinq moutons, relativement de même corpulence. Là les jeunes vendeurs ont fixé leur prix à l’avance et ils refusent tout marchandage. Chaque mouton coûte 5 millions 600 mille et pèse 40 kilos nets, c’est-à-dire débarrassé de la peau de la tête des pieds et des trippes. La viande reviendra ainsi à 1400 DA le kilo. Mais c’est le prix de vente chez le boucher, leur rétorque quelqu’un parmi les personnes présentes. C’est vrai, reconnait l’un des jeunes vendeurs, mais en achetant le mouton, vous gagnez les trippes, le bouzelouf, la pelisse et surtout la Sunna du Prophète.

B. Mouhoub

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