La région de Béjaïa attend, depuis plusieurs années, la construction d’un véritable centre hospitalo-universitaire pour répondre à ses besoins en soins de qualité.
Le seul hôpital qui est qualifié de CHU actuellement dans la wilaya est celui de Khellil Amrane, situé à Béjaïa ville. Toutefois, non seulement il est petit, mais il ne répond pas non plus aux normes. Certes, depuis son ouverture, la qualité des soins s’est beaucoup améliorée, surtout depuis le recrutement de médecins de haut niveau, mais leur nombre reste insuffisant et leurs conditions de travail nettement au-dessous de ce qui est requis. Ses capacités d’accueil restent pour le moins réduites et de nombreuses opérations de soins sont transférées vers d’autres hôpitaux, comme ceux de Tizi-Ouzou ou Alger, pour une meilleure prise en charge médicale des patients. Durant plusieurs années, alors que le budget de construction d’un nouveau CHU a été voté les autorités locales n’ont cessé de chercher un terrain adéquat pour sa construction. Plusieurs sites ont été proposés, mais aucun n’a pu satisfaire les exigences requises, dont celle cruciale de l’accessibilité à tous les habitants de la région. Aucun n’a réussi à convaincre les décideurs. Mais cet été les choses ont peut-être changé.
Des locaux déjà prêts
Il existe à la sortie Est de la ville de Béjaïa une grande cité sur la route menant vers l’aéroport international Abane Ramdane, appelée Sidi Ali Lebhar.
La dite cité est constituée de plusieurs dizaines d’immeubles d’habitations, créant une agglomération dans la ville. Des commerces y ont vu le jour, des écoles, lycées et administrations y ont ouvert leurs portes. En plein centre de la cité plusieurs grands immeubles (sur la photo) sont justement réservés pour accueillir d’autres administrations. Les gros œuvres sont terminés depuis longtemps, mais les travaux d’aménagement n’ont pas été engagés, et ce, depuis presque trois années. Au début de l’été dernier, le wali a confié à une société spécialisée en traitement numérique de l’image le projet de réalisation d’un plan d’aménagement de ces locaux en 3D, en vue de leur transformation en CHU.
En y associant des architectes, la boite informatique a réussi à présenter un projet de qualité notamment en reliant les bâtiments par des passerelles, pour en faire une seule entité architecturale. Le projet a convaincu le wali et le directeur général du CHU de Béjaïa. Après avoir sollicité le ministère de l’Intérieur, notamment pour un éventuel transfert de propriété des locaux, qui avaient déjà été attribués à des administrations, Ouled Salah Zitouni et le professeur Danoune ont été reçus par Abdelmalek Sellal, le Premier ministre, devant qui ils ont présenté le projet et défendu sa faisabilité. Selon ses promoteurs, ce projet permettrait de gagner un temps précieux en termes de délais de réalisation, puisque la grosse structure est déjà prête, réduisant ainsi les coûts de réalisation en ces temps de vache maigre.
Seuls quelques aménagements seraient nécessaires pour réaliser un CHU qui réponde aux normes, avant d’entamer les autres travaux de finition et d’équipement. Il pourrait être opérationnel dans deux à trois années. Il présente aussi l’avantage de se trouver dans un endroit vaste et aéré réglant ainsi le problème du stationnement. Il se situe également à proximité de la nouvelle autoroute, ce qui y facilite l’accès d’où que l’on vienne. De plus, il y a suffisamment de place pour aménager une véritable station de bus permettant aussi bien aux malades qu’aux visiteurs de faire les déplacements dans de bonnes conditions.
Logements de fonction et faculté de médecine
L’un des problèmes actuels que rencontre l’hôpital Khellil Amrane, c’est le manque de médecins de rang professoral. Beaucoup de postes restent à pourvoir, comme en radiologie, cardiologie, etc. Le problème, dit-on, réside dans la question du logement.
Le déficit dans ce domaine influe directement sur les possibilités de recrutement de médecins et de professeurs venus de loin et qu’il faudra loger dans de bonnes conditions. En ayant un CHU au niveau de Sidi Ali Lebhar, il reste suffisamment de terrain pour construire des logements pour le personnel médical, car une partie des médecins vient d’autres villes et régions du pays. De plus, nous a-t-on dit, l’Université de Béjaïa dispose sur place de terrains qui pourraient être utilisés pour la réalisation d’une véritable faculté de médecine. L’actuelle a sérieusement besoin de conditions de travail plus correctes. La qualité de la formation s’en trouverait également améliorée. Les informations en notre possession indiquent que le Premier ministre s’est laissé convaincre de la faisabilité de ce projet. Mais il a demandé l’avis du ministère de la Santé le premier concerné. Ce dernier réserve encore sa réponse et demande un peu plus de temps pour étudier la question de manière plus approfondie. Si le projet n’a pas encore été officiellement rendu public, c’est essentiellement à cause des réticences de ce ministère. Toujours est-il que la population attend avec impatience l’aboutissement de ce projet.
N. Si Yani

