Le lieu dit Tiqerravine, à l’entrée ouest de Michelet, est connu surtout par le cimetière d’Ait Sidi Saïd qui abrite la stèle du grand poète kabyle Si Mohand Ou Mhand. Les nombreuses tombes de «thimeqvart gueghrivene» ne sont plus recouvertes d’herbes folles, ni laissées à la merci du premier berger de passage qui y ferait paître ses chèvres. Depuis quelques années, en effet, un bienfaiteur du village d’El Korn Ait Sidi Saïd prend en charge le cimetière qu’il se fait un devoir d’entretenir. Ainsi, après y avoir construit un mur de clôture de près de cent mètres, surmonté de barreaux métalliques, il a doté l’entrée d’un portail et cimenté les allées. La sépulture du barde, qui reçoit des dizaines de visiteurs par mois, est mise en évidence et se distingue de celles des villageois par son envergure et par les matériaux qui la composent. Habillée de marbre grâce à notre bienfaiteur, elle porte des plaques sur lesquelles sont inscrites, entre autres, les dates de naissance et de décès de Si Mohand à l’hôpital de la localité. Les touristes qui viendront s’y recueillir n’éprouveront aucune difficulté à la trouver. Cette année encore, nous avons aperçu des ouvriers dépêchés sur les lieux pour procéder à l’embellissement des lieux qui se détachent des autres constructions alentours, par la fraîcheur de la peinture de ses murs et la propreté intérieure. Il manque cependant, une plaque de signalisation à la hauteur de la renommée de Si Mohand pour que les étrangers à Ain El Hammam repèrent facilement l’objet de leur visite sans pénétrer en ville ou perdre leur temps à le chercher. Par ailleurs, les associations culturelles seraient bien inspirées d’organiser, à l’instar des autres régions de Kabylie, des festivités commémoratives dédiées au grand poète. Michelet qui a l’honneur d’abriter sur ses terres la tombe d’un des plus grands poètes, sinon le meilleur que la Kabylie ait enfanté doit rappeler à tous que cet homme, qui y a vécu une grande partie de son existence, y est également décédé et enterré.
A. O. T
