Adjaoud Rachid enterré hier au cimetière de Tibouamouchine – En présence d’une grande foule

Le moudjahid Adjaoud Rachid a été enterré hier, au cimetière de Tibouamouchine, son village natal. Une foule nombreuse l’a accompagné à sa dernière demeure, au milieu des siens comme il l’avait souhaité. Dès le matin, son corps a été exposé dans sa demeure dans la ville de Seddouk, où plus d’un millier de personnes, hommes et femmes, sont venues se recueillir et rendre un dernier hommage à un moudjahid authentique, connu pour sa bravoure et son sens du devoir dans la wilaya III historique où il a côtoyé des grands tels les colonels Amorouche et Mohand Oulhadj et le commandant Si Hamimi, pour ne citer que ces trois-là. A 13h le corps fut transporté à la placette d’Agoulmim du village Tiboumouchine où l’attendait une grande foule. Son corps a été exposé au public dans un grand local où il fallait faire des coudes pour pouvoir se frayer un chemin. A 14h il fut mis en terre par les agents de la protection civile sous les youyous lancés par des femmes à partir des balcons. Notons qu’Abdelaziiz Belkhadem et Abderrahmane Belayat du parti du front de libération nationale sont arrivés en retard et n’ont pu assister à l’enterrement. Ce fut également le cas du wali de Béjaïa et du ministre de l’Agriculture qui ont continué leur route sur Beni Maouche sans s’arrêter. Parmi les compagnons d’armes du défunt qui sont venus lui rendre un dernier hommage, il y avait Abdelhafidh Amokrane, Aït Mahraz Zahia et Aït Ahmed Ouali dit Si Ouali. Ces trois figures de proue dans la wilaya III historique nous ont livré des témoignages émus. Si Ouali a déclaré avoir connu Rachid Adjaoud a Bounaâmane, dans la wilaya de Tizi-Ouzou : «On était dans une chambre pour entendre les informations d’une batterie des transmissions qui fut piégée par l’ennemi. Quand la batterie a explosé les trois techniciens qui la manipulaient sont morts sur le coup. Abdelhafid Amokrane et Mohand Oulhadj furent blessés. Si Rachid, qui était le responsable des messages parvenant de l’Etat-major, est intervenu à temps en envoyant quelqu’un pour ramener le toubib du PC. Le commandant Si Hamimi s’est chargé lui d’ériger une baraque pour mettre à l’abri les blessés», a déclaré Si Ouali. Abdelhafid Amokrane est revenu lui sur la frappe du texte de la plateforme de la Soummam en faisant savoir qu’ils étaient «à trois dans une chambre, parmi eux Rachid Adjaoud, s’occupant de la frappe du texte dans une chambre mitoyenne de celle où s’étaient réunis les chefs». Zahia Aït Mahrez dira quant à elle avoir passé trois ans au maquis avec le défunt Rachid Adjaoud alors qu’elle était infirmière dans la clinique d’Ahmed Bénabid à Akfadou. Ils se sont séparés quand elle fut affectée à Béjaïa sous un faux nom d’identité.

L. Beddar