Boghni – Les habitants de l'ex-base de vie dans l'expectative

Si ici et là souvent la presse fait état de relogement de familles, la situation des habitants de l’ex-base de vie située à proximité du technicum à la périphérie de la ville de Boghni, est loin de trouver son épilogue. Depuis le début des années 80, après le départ des Russes qui ont construit ce lycée technique, ces familles recasées dans ce site vivent dans des conditions inhumaines frisant la misère, sachant que diverses bestioles (rats, reptiles et autres), partagent cet espace avec elles. Depuis maintenant 10 ans, ces familles attendent toujours la livraison de ce projet qu’est les 50 logements, lancé dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire, mais en vain. Las d’attendre, ces habitants n’ont trouvé de mieux que de solliciter le wali dans le but d’accélérer la procédure d’attribution de ces logements. D’ailleurs, cela a été mis en exergue dans une requête, dont nous détenons une copie. « Nous avons l’honneur, Monsieur le wali, avant tout de vous solliciter pour vous faire part de notre détresse quant à l’aboutissement de l’opération de notre recasement qui nous a été promise il y a maintenant plus d’une décennie », écrivent-ils d’emblée dans cette missive qui se veut un « appel de détresse ». Et de poursuivre: « Confrontés à une vie inhumaine depuis des années dans des baraques, bien qu’il y a maintenant une année, la solution d’occuper ces logements existe bel et bien et ce après la réalisation de 50 logements viabilisés à proximité de notre site ». Dans ce courrier, les rédacteurs de ladite requête rappellent au wali qu’ils ont frappé à toutes les portes pour accélérer ce relogement, mais en vain. Par ailleurs, ils l’informent que la liste des bénéficiaires transmise à la wilaya n’est pas encore validée. « Cela nous étonne énormément malgré les promesses des autorités locales de libérer cette liste », soulignent-ils dans le même document. Devant un tel retard, ces habitants craignent de passer encore un autre hiver dans ce bidonville. En vue de dégager les voies à suivre, ils ont multiplié ces derniers temps leurs rassemblements, dans l’espoir de sortir de ce cercle infernal et occuper des toits décents après des dizaines d’années passées dans ce ghetto. Y aura-t-il une oreille attentive à ce cri de détresse lancé par ces familles ? Il faut attendre pour le savoir.

Amar Ouramdane