Aussi bizarre que cela puisse paraître, la vallée du Sahel n'est pas encore classée zone humide protégée.
Traversée par l’oued Sahel qui serpente à travers plusieurs localités, à l’instar de Bechloul, El Adjiba, M’chedallah et Chorfa, cette région charnière, située au piémont méridional de la chaîne montagneuse du Djurdjura, gagnerait à être classée comme zone humide protégée avec tous les avantages et les bienfaits que cela engendrerait. Cet environnement bénéficiera, en conséquence, de la protection que lui conférera la loi (l’arrêté interministérielle pour la protection des zones humides) où tout rejet des déchets ménagers et industriels ainsi que des eaux usées serait interdit, de même que l’exploitation de ses ressources naturelles laquelle sera soumise, quant à elle, à une autorisation des autorités compétentes. Toutefois, ce qu’il conviendrait de retenir, c’est que la vallée du Sahel est en passe de devenir une réserve naturelle de plusieurs espèces d’oiseaux qui y affluent chaque année. En effet, nous avons remarqué un afflux pour le moins intrigant de plusieurs espèces d’échassiers qui écument l’oued Sahel. Jusque dans les années 1990, cette région n’a enregistré la présence que de quelques spécimens, notamment de cigognes qui rappliquaient, chaque année, vers la fin de l’hiver. Ces dernières années, la donne semble changer avec des centaines de cigognes qui envahissent la région, comme si elles se sont donné le mot. Le chef-lieu de la commune de Chorfa, pour l’illustration, est devenu « la terre promise » de centaines de cigognes qui y construisent leurs nids sur les dômes des mosquées, sur les faîtes des pylônes et autres immeubles hauts. Actuellement, ces échassiers ont quitté la région, car ce sont des oiseaux migrateurs qui recherchent le climat doux et la nourriture abondante. Néanmoins, les nids qu’elles ont construits sont toujours à leur place. Il faudra attendre probablement le début de l’année prochaine pour voir les cigognes rappliquer à nouveau et en surnombre! Pour leur part, les aigrettes blanches, qui ont fait leur apparition dans les mares de l’oued Sahel vers le début des années 2000, sont encore sur les lieux, en végétant dans les étangs parsemant cette rivière qui s’est « ranimée », dernièrement. Ces échassiers semblent se complaire dans la région qui leur offre le « gîte » et la nourriture. Ces oiseaux au plumage blanc immaculé écument le pourtour méditerranéen et sont « sédentaires ». Toutefois, nous avons fait, dernièrement, une « découverte » pour le moins intrigante, laquelle a trait à la présence d’un spécimen d’aigrette bleue, l’une des 13 espèces d’aigrette. Effectivement, nous avons remarqué la présence d’un individu d’aigrette bleue dans la localité de «Toghza» relevant de la commune de Chorfa, lequel se barbotait tranquillement dans une mare de l’oued Sahel. D’après notre documentation, cet échassier, un oiseau migrateur au plumage bleu-gris, vit dans les zones humides d’Amérique centrale, aux États-Unis, au Brésil et au nord de la péninsule ibérique. Ce qui laisse perplexe, c’est que cet oiseau n’est pas de la région, ce qui laisse des interrogations sur sa survenue dans l’oued Sahel. En tout cas, l’écosystème et la biodiversité de la vallée du Sahel enregistre vraiment des changements qui méritent des études écologiques et biologiques de la part des spécialistes et notamment des ornithologues pour en savoir un peu plus sur l’écosystème d’une région en pleine essor.
Y. Samir
