«La poésie est une plante omnivore qui ne se satisfait que du sang, et c’est en cela qu’elle ressemble le mieux à ma terre : corps vorace et limpide, créature horrifiante refusant la distinction entre la beauté et la laideur (…) Personne ne comprend l’essence strictement lyrique de l’insurrection, la nôtre : celle s’élançant du pus de la blessure». C’est ce que nous pouvons lire dans la présentation du nouveau roman de Sarah Haider, paru en juillet dernier. Le roman est préfacé par l’écrivain Yannis Youlountas. Il parle de la liberté. La ‘liberté’ omniprésente dans le livre ‘Morsure du coquelicot’. C’est ce que recherchent les héros de ce nouveau roman. C’est l’aspiration suprême de tous les personnages, quand la lutte armée devient une nécessité une évidence dans un environnement de répression et de non démocratie, l’insoumission et la rébellion des mots d’ordres pour chacun des personnages, mourir pour ses valeurs, choisir la mort à une vie dépourvue de liberté. «Liberté ou la mort», c’est la finalité du l’histoire. Leila, Dassine, Yacine, Mahmoud et Lydia ou Louiza, les personnages de ce roman qui ont pour certains choisis le maquis et la lutte comme seul chemin qui mène vers la liberté. Sans avoir évoqué le lieu où se déroulait l’histoire, il parait évident que c’est en Algérie, exactement en Kabylie. Le mois d’avril se répète dans le livre, sans doute pour son poids historique.
Un voyage dans des esprits révoltés
Les indices ne trompent pas. Le roman parle du double printemps noir de Kabylie (avril 80 et 2001). «C’est un roman d’anticipation qui se déroule en 2021», dira Sarah Haider. Le roman parle en évidence du combat pour la démocratie qui n’a pas abouti en Kabylie. C’est le rêve d’une deuxième chance pour l’écrivaine. Dans ce livre, malgré toute la révolte, la colère et la violence exprimées dans l’histoire, l’écrivaine, avec beaucoup de talent, a su mêler et exprimer l’amour et la poésie avec un style très esthétique. Sarah Haidar est une journaliste et romancière âgée de 29 ans. Elle est née à Alger. Elle fait partie de cette jeune génération de romanciers algériens qui, de leurs rages pour l’écriture, viennent bousculer l’ordre littéraire établi. Son premier roman, ‘Virgules en trombe’ paru dans les éditions Apic en 2013, a reçu le Prix de l’Escale Littéraire d’Alger la même année.
Kamela Haddoum.

