Les parents d’élèves habitués des cours de soutien scolaire, n’ont pas perdu de temps pour inscrire leurs enfants dans «ces «écoles parallèles», comme les désigne un enseignant. Les leçons supplémentaires sont si ancrées dans la tête des parents qu’ils envisagent d’en faire donner à leur progéniture dès la première année primaire. Vendredi ou autre jour férié on ne peut sortir sans rencontrer des enfants avec un cartable sur le dos. Ils sont souvent apostrophés par des gens curieux de les voir aller à l’école, un jour où tout le monde se repose. Pour eux, le repos n’interviendra qu’après les dernières compositions ou les examens de fin d’année. En attendant, ils ne cesseront de «bachoter» à n’en plus finir. Réussir à tout prix semble être la devise de leurs parents, avides de les voir traverser le cap de la quatrième année moyenne ou de la terminale pour enfin avoir le sentiment du devoir accompli. A voir leur entrain sur le chemin des «garages» transformés en classe, les enfants donnent l’impression qu’ils y vont avec plus d’enthousiasme qu’à l’école publique qu’ils ne semblent pas apprécier. Leur discours va d’ailleurs dans ce sens. «Notre prof de physique est nul. On ne comprend rien à ce qu’il dit», nous dit un collégien qui paie mensuellement 1200 dinars par mois, pour deux heures de physique hebdomadaires, données par son ancien professeur qui reçoit chez lui une quinzaine d’adolescents par séance. Le même son de cloche se fait entendre chez ses camarades et surtout les parents qui dénoncent les classes surchargées du collège. La perte de confiance en l’école publique est transmise à leurs enfants dont le manque d’assiduité est remarqué par leurs maîtres. Il n’est pas rare d’entendre, au cours de la leçon, un élève dire que «de toute façon monsieur X, nous expliquera vendredi» Il est à noter que plus de la moitié des élèves d’une classe quatrième année se font aider par des professeurs rémunérés par leurs parents. S’il est vrai que les conditions d’enseignement dans les salles de fortune, aménagées pour accueillir le plus possible d’élèves, ne sont pas réunies, les résultats de ceux qui suivent les cours de soutien sont à la hauteur des espérances de leurs parents.
A.O.T.
