Au lendemain de l'indépendance du pays, des moudjahidine, des citoyens et des familles de martyrs ont lancé des recherches partout dans les champs, les maquis et les oueds pour déterrer les ossements de chouhadas tombés au champ d'honneur.
Des milliers de martyrs ont été ainsi identifiés et exhumés des talus et rivières pour être enterrés dans les Carrés des Martyrs. Cependant, certains de ces valeureux hommes demeurent inconnus et ne sont pas encore identifiés en l’absence d’informations. Au village El Ancer, sur les hauteurs de Draâ El-Mizan, cinq martyrs tombés au champ d’honneur dans un accrochage avec les forces ennemies reposent dans le cimetière du village, mais, ils demeurent toujours inconnus. «Nous les avions récupérés dès que les soldats français eurent quitté les lieux. C’est là-bas tout près de ce petit buisson que nous les avions trouvés criblés de balles. Personne ne les connaissait. Peut-être, ils venaient d’une autre région et ils voulaient rejoindre le Djurdjura. C’était en 1959», nous confie un septuagénaire de ce village qui était encore jeune à cette époque. Et de poursuivre: «Avec l’aide de tous, nous les avons inhumés dans notre cimetière. Mais, jusqu’à présent, seul l’un d’entre eux est identifié. Il s’agit de Nacer Bey Salem, originaire de Tazrout dans la commune de Draâ El-Mizan. Sinon, pour les autres, personne ne s’est manifesté pour les identifier « . D’ailleurs, sur la pierre tombale posée sur cette tombe commune, il est écrit que les cinq martyrs sont inconnus. Les membres du comité de village lancent un appel en direction du musée régional des moudjahidine de diffuser cette information, en vue peut-être de trouver un écho chez leurs familles. «Il faudrait que cette information soit diffusée à l’échelle nationale. Peut-être, ils sont d’une autre wilaya. Cela fait maintenant 57 ans qu’ils sont tombés dans ce maquis. Personne n’a cherché après eux», estime un membre du comité de village. Par ailleurs, dans la même daïra, à Ait Yahia Moussa, sur la RN 25 en face des poulaillers communaux, d’autres martyrs étaient inhumés dans une tombe commune. On croit savoir qu’ils sont tombés au champ d’honneur juste dans le maquis qui surplombe ces poulaillers en 1960. Donc, là aussi, de nombreux moudjahidine interpellent les responsables concernés à tous les niveaux afin de les déplacer vers un carré des martyrs de la région.
Amar Ouramdane

