La Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou avait, hier, rendez-vous avec l’Histoire. Au menu: Une «Mémoration autour de Si Amar Ou Said Boulifa».
Un événement initié par la direction de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou, ainsi que les deux associations culturelles, «Issegh» de Souama, et «Said Boulifa» d’Adni. Ont participé à cet événement, en plus des organisateurs, l’association Mouloud Mammeri et les élèves du CEM Mouloud Feraoun de Tizi-Ouzou. La directrice de la culture dans son allocution d’ouverture a parlé de l’apport de Said Boulifa à la culture et la langue berbères. Elle a précisé que l’objectif principal de l’événement est de transmettre les messages de l’historien et du chercheur qu’était Boulifa. Elle ajoutera qu’ «après l’officialisation de la langue amazighe, l’heure est à la recherche et au travail». De leur côté les autres intervenants, à savoir le Président de l’association «Issegh», et le représentant de l’association «Said Boulifa», ainsi que Said Chemakh, enseignant de tamazight à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, ont parlé de l’œuvre de Said Boulifa et de son parcours. Les présents ont ensuite été invités à une collation. Il est à noter que dès la matinée, une exposition a été ouverte, proposant au public des manuscrits et des œuvres de l’historien rassemblés par l’association qui porte son nom. En outre, une exposition sur sa vie et son œuvre a été organisée par l’association Issegh. «La méthodologie pédagogique de Said Boulifa dans l’enseignement de la langue amazighe» était le thème d’un cours magistral donné par l’enseignant universitaire Said Chemakh. Ce dernier a expliqué la méthode d’enseignement de Said Boulifa, inspiré de la réforme de Jules Ferry. Boulifa présentait sa leçon comme suit : Grammaire, vocabulaire, exercices oraux et écrits (thème et version). De son côté Ali Bekhti, enseignant de langue amazighe, a animé une communication sur la genèse de l’enseignement du berbère depuis Boulifa jusqu’à Mammeri et le mouvement associatif après l’ouverture démocratique en 1989. Il abordera ensuite l’introduction de Tamazight en 1995 dans le système éducatif, pour arriver à 2007, où le ministère de l’Education nationale a préconisé la pédagogie de projet comme méthode d’enseignement, une méthode qui n’a pas abouti, dira l’intervenant, à cause du manque de formation du personnel pédagogique. Ce qui a fait qu’on soit resté dans la méthode transitive, c’est-à-dire dispenser les enseignements et demander aux apprenants de les restituer sans jamais les utiliser. Par ailleurs, la directrice de la culture a annoncé qu’une proposition a été faite pour qu’une bibliothèque de la wilaya porte le nom de Said Boulifa. Pour rappel, Si Amar Ou Said Boulifa est né en 1861, à Adni, dans la région de Larbâa Nath Irathen. Il a commencé son instruction dans une école coranique avant de rejoindre l’une des premières écoles française ouverte dans sa région en 1875 où il obtient un certificat d’aptitude aux travaux manuels, un diplôme d’enseignement en langue française. Ce fut l’un des premiers Algériens à élaborer des méthodes d’enseignements de la langue amazighe. Boulifa a laissé plusieurs œuvres en linguistique, en littérature berbère, en archéologie et en Histoire.
Kamela Haddoum

