Rush sur les cours supplémentaires

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Même si les responsables du ministère de l’éducation nationale ont à maintes reprises assuré leur volonté de sévir pour éradiquer cette activité, les garages et les locaux loués pour servir de classes aux cours supplémentaires ne désemplissent pas.

Dans cette localité où, pourtant, les résultats aux différents examens de fin d’année sont bons, les parents ne comptent pas leurs sous pour confier leur progéniture à ces enseignants. «Nous venons de faire le tour de toute la ville, c’est complet. Tous les professeurs de mathématiques ont arrêté leurs listes. Peut-être, nous allons nous déplacer jusqu’à Draâ El-Mizan dans l’espoir de dénicher deux places pour nos filles. Notre souci premier est qu’elles décrochent leur Bac avec des moyennes qui leur permettront de faire leurs études dans les filières importantes», nous confie un couple d’enseignants dont deux filles vont passer l’examen du Bac, filières sciences expérimentales. D’autres, comme nos deux interlocuteurs, ont déjà réussi à placer leurs enfants. «Maintenant, même avec votre argent, il faudrait connaître quelqu’un. C’est grâce à un voisin que j’ai pu décrocher une place à mon fils chez un professeur qui a fait ses preuves. Si au départ, on avait l’embarras du choix, aujourd’hui, certains de ces enseignants ont abandonné cette activité pour de nombreuses raisons», nous répond un autre parent. Il est vrai que ces enseignants gagnent de l’argent en plus, mais, il est aussi vrai qu’ils ne lésinent pas sur les moyens pour satisfaire comme il se doit cette «clientèle». «Ecoutez, beaucoup pensent que c’est un gain facile. Eh bien, ils se trompent. Les professeurs qui donnent ces cours font tout pour que les résultats obtenus par les enfants qui leur sont confiés soient les meilleurs. Je ne vais pas dire que mes collègues enseignants ne font pas leur travail convenablement dans leurs établissements. Ils sont conscients mais ils ne travaillent pas dans des conditions idéales. Que peut-on faire en face de quarante élèves ? Lorsque le groupe est réduit, l’enseignant peut individualiser son enseignement. Il prendra les élèves cas par cas. Et puis, n’oubliez pas qu’on doit régler non seulement le loyer mais aussi les autres frais, tels ceux de la reproduction des polycopiés et autres supports pédagogiques», nous explique ce professeur de sciences naturelles. Il faut dire au passage que ce sont surtout les élèves des classes de 4°AM et de terminale qui sont à la recherche de ces cours. S’il est vrai qu’on parle souvent de l’égalité des chances dans l’école publique, cependant, cela ne devra pas pénaliser ceux qui ont les moyens d’accompagner leurs enfants dans leurs études en leur payant des cours. C’est un procédé connu de par le monde. En tout cas, force est de constater, que ces cours en vogue sont suivis même par les enfants issus de famille à revenu moyen.

Amar Ouramdane

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