À El Korn Ath Khlef, la fête au couscous viande

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Avec la venue du nouveau comité, El Korn, un village situé à trois kilomètres d’Ain El Hammam-chef-lieu, a renoué depuis trois ans avec certaines traditions, «ignorées pour la plupart depuis 1974», nous disent les habitants.

«Mus par la seule volonté de sortir leur agglomération de l’anonymat, les membres du comité de village qu’on distingue sous le nom d’ «El Korn Ath Khlef», travaillent la main dans la main avec ceux de l’association culturelle dans l’unique but d’améliorer les conditions de vie de leurs concitoyens» nous dit, visiblement satisfait un sexagénaire que nous avons rencontré au niveau d’un local du village où se faisait la distribution de viande, provenant des trois bœufs sacrifiés à l’occasion de l’Achoura.

Thimechret de cette année a battu le record de nombreux villageois habitant hors de Ain El Hammam, venus se ressourcer auprès de leurs amis et de leur famille, indiquent les villageois. Ce qui a conféré au bourg une ambiance des grands jours et une animation sans précédent. Lors de tels événements, les deux cents familles, le livret de famille faisant foi, originaires du village, recevront chacune sa part de viande, comme dans tous les villages qui procèdent à ce sacrifice collectif.

Le comité d’El Korn a innové cette fois, en saisissant l’occasion de l’Achoura pour inviter toutes les autorités locales, civiles et militaires, à un déjeuner où le couscous à la viande était distribué à satiété. Les rues du village et les abords immédiats, plus propres que jamais, nous renseignent sur l’image de marque que les habitants veulent donner aux visiteurs qui viendront partager leur déjeuner.

A la différence de ce que nous avons l’habitude de voir ailleurs, à Al Korn, tous les villageois sans distinction de sexe, étaient conviés à partager un repas collectif, dans une ambiance conviviale. Des tables étaient dressées dans deux garages mitoyens, aménagés en restaurants, pour la circonstance afin de servir simultanément les convives des deux sexes. Concernant les fonds nécessaires à une telle action, un membre du comité de village nous apprend que depuis trois ans, il a été instauré un système de cotisation devant créer un fonds du village. Ainsi chaque famille doit s’acquitter de mille dinars par trimestre, soit quatre mille dinars, annuellement.

La somme collectée servira au fonctionnement du village et à l’achat des bêtes pour le sacrifice de Taachourt. Une opération à laquelle les habitants adhèrent en masse, en y participant chacun suivant ses moyens. Des commissions «achat de bœufs», «abattage», «répartition des parts de viande» revenant à chaque famille, ainsi que celle de «la préparation des repas» ont été installées bien avant le jour «J».

A.O.T

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