Après le projet «Eco-Djurdjura» primé projet Cop21 l’année dernière à Paris, l’association «Agir» de Bouira vient de lancer un nouveau projet. Il s’agit du projet «2521» pour une intégration maghrébine. Ce projet, dont le principal objectif est d’étudier les possibilités d’intégration et de mobilité des citoyens de cinq pays, à savoir l’Algérie, la Tunisie, la Libye, la Maroc et la Mauritanie, se fera en collaboration avec des associations de ces cinq pays. Ce nouveau programme est également soutenu par la commission de l’Union Européenne. L’intitulé «2521» n’est autre que la distance, en kilomètres, qui sépare Tripoli de Rabat en passant par Tunis et Alger, assurent les initiateurs dudit projet. C’est lors d’une conférence de presse, organisée, hier, au niveau du CCLS de Bouira, que le chef du projet pour l’Algérie, M. Amine Limam, a détaillé les principaux chapitres de ce nouveau projet. Pour l’intervenant, il s’agit de l’expression de l’engagement des jeunes dans la cause maghrébine et pour une intégration effective de la région. Le projet en question portera essentiellement sur trois principaux axes. A commencer par la mobilité artistique et culturelle, la mobilité académique et institutionnelle et finalement la mobilité de l’entreprenariat social. «La nouveauté dans ce projet est sans doute son originalité car il s’agit d’une réflexion commune aux jeunes des cinq pays du Maghreb. Sa vision est inspirée par les valeurs communes de la région. Il est opportun d’améliorer et de faciliter la mobilité des jeunes dans la région, principalement dans les secteurs liés à l’éducation, la culture, l’employabilité et l’entreprenariat», assure l’intervenant, qui souligne également que le projet verra la participation de plusieurs acteurs du mouvement associatif de la région, d’entrepreneurs, d’universitaires mais aussi d’institutions publiques, à l’image de l’université Akli Mouhand-Oulhadj de Bouira. Une web-radio pour les jeunes sera d’ailleurs créée à cette occasion. Le projet s’étalera sur une période d’une année, et des dizaines d’ateliers d’échange seront organisés au niveau des pays membres. Selon M. Limam, ce projet a déjà été lancé et le premier atelier a été organisé au mois de mars dernier en Tunisie sous la coupe de l’association «We Love Sousse». Le deuxième atelier a été lancé hier, à Bouira et portera sur les modalités d’intégration académique : «Lors du premier atelier, nous avons eu le plaisir de regrouper des représentants du mouvement associatif des cinq pays. Nous avons eu à échanger sur les axes directeurs du projet, ses objectifs et sa vision. Nous avons aussi tracé un plan d’activité et de rencontres, qui verra la participation d’au moins 2 000 personnes issus des pays du grand Maghreb». L’intervenant a assuré par ailleurs, que le projet sera sanctionné par un projet de loi et des propositions, qui seront présentés aux gouvernements des cinq pays ainsi qu’à l’UMA. Ces conclusions seront également rendues publiques une fois le projet terminé. Pour M. Anis Boufrikha, directeur du projet et président de l’association tunisienne «We Love sousse», ce projet s’inspire d’une revendication sociale et historique des populations maghrébines. L’intervenant avancera que les participants auront également à échanger les visions et les aspirations pour une intégration réelle et pour encourager et faciliter la mobilité des personnes, des associations et des capitaux : «On devra, en premier lieu, penser et réfléchir comment lever les amalgames sociaux qui existent entre nos pays, ensuite on passera à l’évaluation concrète des possibilités de regroupement et d’intégration politique, sociale, culturelle, académique et entrepreneuriale entre nos pays» a-t-il mentionné. M. Boufrikha n’a pas caché son optimisme quant à cette initiative, tout en assurant qu’il s’agit là «d’un premier pas avant une intégration réelle entre les pays du Maghreb. Nous avons de l’espoir dans la jeune génération», a-t-il conclu. A noter pour rappel, que le président de l’association «Agir», M. Massinissa Sebai, a été élu au mois de septembre dernier, vice-président de l’union africaine des ONG de développement (UAOD).
Oussama Khitouche
