La poésie est un l’un vecteurs les plus importants dans la société notamment lorsque celle-ci privilégie la tradition orale. Ainsi, dans chaque village, dans chaque tribu, dans chaque petit coin du pays en général et de la Kabylie en particulier sommeillent des artistes. Mais, malheureusement, faute de moyens et notamment d’éditeurs professionnels, toutes ces compositions poétiques vont de déperdition en déperdition. » Notre société est celle du verbe » dit-on. Les mots ont leur pesant d’or. Cette fois-ci, nous nous intéressons à un jeune poète en herbe nommé Farouk Slimani. Celui-ci vient de signer son premier CD de poésie. Cet opus se compose de six titres. « J’étais encore enfant quand j’écoutais ma grand-mère que Dieu ait son âme me raconter non seulement des contes mais aussi des poèmes qu’elle avait composés. Elle récitait ses vers dédiés aux chouhadas, aux émigrés partis travailler en France, à la misère et à la souffrance. Vraiment, je ne ratais presque aucune de mes rencontres avec elle », nous dit ce jeune poète à la sortie de son album. Il se rappellera: » ensuite, c’est ma mère qui m’a bercé dans ce contexte poétique. Alors, étant encore adolescent, j’adorais les mots. Peu à peu, je commençai à lire les isfras (poèmes) de Si Mohand Oumhand, de Cheikh Mohand Oulhocine et même d’autres poètes tel Baudelaire. Ceci me motivait à composer des vers. A mes débuts, je me suis surtout concentré sur les poèmes d’amour ». Farouk Slimanai nous a confié que malgré des difficultés de la vie, l’envie d’écrire de la poésie grandissait en lui, » mon rêve d’écrire grandit de jour en jour en dépit de ma vie difficile car je dus quitter l’école très jeune pour subvenir aux besoins de ma famille après le décès de mon père ». Farouk, dans ses vers, touche presque à tout : la misère sociale, l’amour, le combat identitaire et bien d’autres thèmes aussi intéressants les uns que les autres. « Depuis des années, je souhaitais rassembler tout ce qui j’ai écrit dans un ouvrage. Faute de moyens, je pris la décision de les compacter dans un disque », ajoute notre poète. Ainsi, ce CD tombe dans les bacs à la grande joie de ses fans. « Vous savez, mes amis m’ont forcé à sortir cet album », a-il-précisé. Aujourd’hui, nous fait-il savoir, il est entièrement satisfait des échos qu’il reçoit au sujet de ce produit. Par ailleurs, Farouk ne s’arrête pas à ce stade parce qu’il écrit aussi des textes pour des pièces théâtrales. Il nous cite Eve et Adam, le 20 avril… » C’est un autre domaine qui me tient à cœur », souligne-t-il. Parce que, juge-t-il, c’est un art vivant et illustrant la société entière. Dans cet opus, on peut écouter Ithvir » La colombe », Takvaylith, Thiwizi » La solidarité » au sens plein du mot, Thayazet » La poule », Themeti » La société ». Ce sont des vers bien rimés accompagnés d’une musique douce qui donne envie d’écouter. Avant de conclure notre rencontre, Farouk souhaitera, qu’un jour, il trouvera un éditeur pour les reproduire dans un recueil poétique d’une part, et il nous apprendra qu’il ne s’arrêtera pas là d’autre part, parce que d’autres poèmes sont dans ses escarcelles.
Amar Ouramdane.

