Draâ El-Mizan s’en souvient

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Draâ El-Mizan a commémoré hier le 57e anniversaire de la mort du commandant Ali Bennour, dit Si Ali Moh N’Ali, et son infirmier, Oukil Ramdane, au lieudit Tighzert N’Souk.

Dans la matinée d’hier, vendredi 21 octobre, c’est au pied de la stèle qui leur est dédiée qu’a eu lieu la cérémonie de commémoration du 57ème anniversaire de la mort de ces deux chahids, en présence d’un grand nombre de personnes, dont notamment des parents des deux héros, d’anciens moudjahidine, d’enfants de chouhada et des membres des différentes organisations de la famille révolutionnaire. C’est par un dépôt de deux gerbes de fleurs, au pied de la stèle, implantée non loin de leur lieu d’exécution, que débuta la cérémonie, présidée par le fils du chahid Ali Bennour, M. Hocine Bennour, accompagné de son oncle Slimane. Dans son intervention, M. Hocine Bennour a remercié tous les présents pour leur fidélité à la mémoire de son père et de son compagnon, le martyr Oukil Ramdane, et à celle de tous les chouhada. Il cédera ensuite la parole à MM. Ali Iabadène et Hocine Chetabi, respectivement, responsables de la kasmas de l’ONM de Draâ El-Mizan et de celle d’Aït Yahia Moussa. Ce furent ensuite d’anciens moudjahidine, qui avaient servi sous les ordres du commandant Ali Bennour, qui ont été invités à livrer leurs témoignages sur les moments et évènements qu’ils avaient partagés avec ce chef exemplaire. On écouta M. Louahab Mohamed, âgé de soixante-dix-huit ans, originaire d’Aomar-gare (Bouira), qui partagea avec son camarade Belarbia Rezki, dit Rabah Touil, les derniers moments de vie des deux martyrs avant leur exécution. Ils étaient en effet prisonniers avec eux à la caserne de Draâ El-Mizan. «Lorsque l’officier français du deuxième bureau, entouré d’autre sous-officiers et de harkis, entrèrent dans la salle où on me torturait, avec notre chef le commandant Ali Bennour, blessé l’un des traitres n’a pas hésité à lui dire, en désignant deux jeunes filles prisonnières : ‘’Voilà quarante-cinq jours qu’elles sont ici, et malgré tout ce qu’on leur a fait subir, elles n’ont rien dit, celui là non plus. C’est que tu n’as pas lésiné sur leur formation et sur leur éducation’’», raconta, la gorge nouée, M. Louahab. Nous avons approché ces deux témoins, et non des moindres, pour les prier de bien vouloir nous faire le récit de leurs dernières journées avec les deux martyrs. «Feu le commandant Ali Bennour, connu plutôt sous le nom de Si Ali Moh N’Ali, était plus respecté que craint tant par ses hommes que par toute la population, car il jouissait d’un grand humanisme et d’un grand cœur. Il était préoccupé au quotidien, par le moral de ses troupes et de leur état. Il s’occupait personnellement des djounouds blessés ou invalides. C’est d’ailleurs lors de sa dernière visite d’inspection à un refuge-hôpital, où nous nous trouvions, installé à Aït Yahia Moussa, que le 18 octobre 1959 il fut encerclé par les soldats français, suite à une dénonciation. Et après un long échange de coups de feu et vu la supériorité numérique de l’armée coloniale, alors que sa garde prétorienne était loin du refuge secret oblige, le commandant fut blessé. C’est ainsi qu’il fut fait prisonnier et emmené à la caserne de Draâ El-Mizan. Mais les tortionnaires français du deuxième bureau sont restés sur leur faim, malgré tous les sévices qu’ils lui ont fait subir. Ils finirent, par dépit, par l’exécuter froidement avec l’infirmier Oukil Ramdane. Gloire à nos martyrs», diront pour terminer nos deux illustres interlocuteurs et témoins.

Essaid Mouas

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