La deuxième journée de la troisième session ordinaire de l’APW de Bouira s’est ouverte, avant-hier jeudi vers 9h, avec un exposé très détaillé sur la rentrée scolaire. Une rentrée bien chiffrée. Ainsi, les effectifs globaux du palier primaire sont montés cette année à 93 310 élèves, selon le rapport du directeur de l’éducation, lu devant l’Assemblée. Ils sont répartis sur 3 294 groupes pédagogiques. La moyenne est de 25 élèves par classe. Cependant, il y a 10 écoles où 12 groupes pédagogiques voient leur effectif atteindre les 40 et 41 élèves par classe. L’auteur du rapport estime à 12 768 le nombre d’élèves fréquentant l’école préscolaire ou préparatoire. La hausse au niveau de ce premier palier est estimée à 5,15%. L’enseignement de Tamazight est dispensé dans 170 écoles sur les 541 existantes, au profit de 8 635 élèves répartis en 392 groupes pédagogiques. Pour le palier moyen et dans les 125 CEM, le nombre de scolarisés a atteint les 49 056 élèves donnant lieu à 1 742 groupes pédagogiques. Il a été recensé 12 066 nouveaux élèves par rapport à l’année dernière, soit une hausse de 2,13% du total des effectifs. La langue Tamazight est enseignée dans 45 CEM seulement, avec 91 enseignants. Concernant le secondaire et au niveau des 54 lycées, ce sont 25 641 élèves qui fréquentent ces établissements, répartis en 1 185 groupes pédagogiques. La fréquentation en moyenne par classe est de 22 élèves. Une baisse de 2 225 élèves par rapport à l’année dernière. Le rapport fait état de deux groupes pédagogiques où la surcharge atteint 41 et 44 élèves par classe, alors que l’on note l’existence de classes mobiles dans 9 lycées. Tamazight est dispensé dans 19 lycées fréquentés par 7 861 élèves formant 390 groupes pédagogiques. Au total, le rapport évoque 716 établissements scolaires dans les trois paliers. Les 426 cantines offrent 67 000 repas/jour. Pour l’amélioration de l’ordinaire, la wilaya a mis la main à la poche à hauteur de 5 milliards de centimes. Le même document a évoqué dans la foulée la prime scolaire, le transport scolaire et la distribution du livre scolaire. Ainsi, la distribution de la prime n’a atteint que les 67% de l’aveu du responsable du secteur. Le besoin exprimé pour toute la wilaya en matière de transport scolaire est de 107 bus contre 244, desservant 42 communes sur les 45. Ce sont 26 114 élèves qui bénéficient de ce service. La distribution du livre scolaire serait également réussie, puisque l’opération s’est soldée par la distribution de 80 600 ouvrages dans le primaire contre 22 440 livres dans le moyen. Abordant le sujet de l’encadrement administratif, le rapport a montré que dans le primaire, sur les 548 postes ouverts, 502 ont été pourvus. Dans le moyen, sur les 126 postes, 114 l’ont été et au secondaire, ce sont 46 postes sur les 57 qui ont été pourvus. Plusieurs élus sont intervenus lors de cette séance afin de dénoncer les «carences» enregistrées dans certains établissements. Ainsi, un élu rapportera qu’un trou béant de 8 mètres a été creusé par une entreprise privée devant une école primaire de Bouderbala, pour la construction de deux classes, avertissant contre le danger qu’il représente pour les élèves. Un autre intervenant soulignera la situation précaire qui règne dans les cantines non raccordées au gaz naturel du côté de Dachmia et qui sert des repas froids, alors que le réseau de transport de gaz passe juste à côté. Cet autre élu s’interrogera sur la qualité des viandes fournies aux cantines à un prix allant de 500 à 600 DA, alors que le kilo de viande est normalement à 900 DA. Ce dernier s’insurgera sur la désorganisation dans certains établissements du secondaire ou du moyen résultant du manque de stabilité de leur responsable.
Les projets de la santé à la traîne
Le deuxième secteur à l’ordre du jour de cette plénière était le secteur de la santé. On a abordé le projet de l’hôpital de M’Chedellah de 120 lits qui connait un arrêt, ce qui a fait sortir plus d’un élu de sa réserve. Selon eux des sommes colossales ont été englouties pour un piètre résultat. Le taux d’avancement de ce chantier est estimé actuellement à 10% seulement ! Il y a également celui d’Aïn Bessem où la situation n’incite pas non plus à l’euphorie. Enfin, une intervenante rappellera les propos de l’ex-wali qui déclarait en juillet dernier que le nouveau bloc opératoire de l’EPH de Lakhdaria était opérationnel, alors que jusqu’à ce jour «aucune opération chirurgicale n’a pu s’y faire». L’état très dégradé des routes dans certaines communes, les projets de logements en cours ou à l’arrêt, le gaz dans de nombreuses localités permettant à la wilaya de se vanter d’une couverture dépassant les 80 ou 85%, l’assainissement, l’éclairage public ou l’aménagement urbain dans d’autres comme à Aghbalou, Kadiria, Ilithène, Sour El Ghozlane, tous ces points ont été passés au crible par certains élus. Enfin, et pour clore cette longue litanie de questions, on aborda celle relative à la sécurité de l’université qui reste à la merci du premier étudiant mécontent venu ou à celle de personnes intruses portées sur la violence. Les intervenants ont insisté sur l’urgence de rétablir la sécurité pour garantir la sérénité aux étudiants désireux de travailler et de réussir leurs études.
Aziz Bey
