Dans sa déclaration portant le n° 05/2016, le conseil de wilaya UGTA de Béjaïa a dressé un tableau des plus alarmants de la situation qui prévaut au sein du secteur de l’éducation au niveau de la wilaya de Béjaïa. Il a carrément qualifié la rentrée scolaire 2016/2017 de catastrophique. D’après lui, «la pédagogie a été bafouée au bénéfice du politique». La confusion totale qui a régné en ce début d’année scolaire a plongé les milliers de travailleurs du secteur dans un stress et un désespoir sans limites. En effet, le pays n’a pas connu une situation similaire depuis son indépendance. La décision de porter l’âge de la retraite à 60 ans a, ainsi, incité des milliers de travailleurs à déposer leurs dossiers avant la date butoir du 31 octobre. Ceci annonce une saignée, sans précédent, dans les rangs des travailleurs de l’éducation. D’après une source digne de foi, le nombre de dossiers est estimé à cinq mille (5000), rien que dans le secteur de l’éducation, dans la wilaya de Bejaia. Il a en outre souligné la contradiction entre l’annonce du déficit de la CNR et le départ massif programmé des fonctionnaires en retraite. «Si la caisse des retraites est en déficit, pourquoi inciter les travailleurs à partir ?» s’interrogent les rédacteurs de cette déclaration. D’après la même déclaration, l’improvisation et le bricolage, qui prévalent actuellement dans la gestion du secteur, sont un baromètre traduisant le malaise qui y sévit. Ainsi, le recours aux affectations d’enseignants admis sur listes d’attente ,sans aucune formation préalable, le déficit en mobiliers et en manuels scolaires, le retard dans le versement de la prime de scolarité et les carences enregistrées çà et là en matière de transport scolaire, sont des éléments qui ont caractérisé la rentrée scolaire en cours. L’autre élément qui a poussé l’union de wilaya à tirer la sonnette d’alarme est, sans doute, le manque de personnel d’encadrement, administratif de service et de pédagogie qu’enregistrent les établissements scolaires au niveau local. 45 jours après le début théorique des cours, il y a des élèves qui n’ont pas encore fait connaissance avec leurs enseignants. Le nombre de postes vacants enregistrés dans le cycle secondaire est de 150. Quant à celui du moyen, il est de 120 postes. Alors qu’au primaire, il s’élève à 250. En outre, le déficit en matière de structures d’accueil a engendré une surcharge surprenante des classes. Pour l’union de wilaya, la réussite d’une rentrée scolaire de qualité est tributaire d’une préparation minutieuse en amont, alors, si la rentrée actuelle est qualifiée de désastreuse c’est que des erreurs ont été commises, sinon, comment justifier que plusieurs affectations ont été délivrées sur un même poste de travail ? Deux directeurs nommés à un même poste ? L’annulation d’une affectation délivrée la journée précédente ? Le non-respect du classement des admis sur listes d’attente ? Le blocage de plusieurs dossiers tels ceux des 157 OP, des promotions, des bonifications et des rapprochements ? Les membres de l’union de wilaya dénoncent également le blocage de centaines de situations administratives, les dépassements de certains responsables de la DE, la non-régularisation de certains des frais de surveillances, la correction des examens de fin d’année et des réquisitions lors des différents séminaires, la non-régularisation des situations financières en instance (rappel, heures supplémentaires, salaires de contractuels, rappels sur l’IAAP, …), ainsi que l’assainissement retardé du parc logement.
Saïd M.
