Hommage au défunt Dr Mettouchi

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À l’occasion du 40ème jour de la disparition du Dr Mettouchi Mahmoud très apprécié localement, la communauté médicale et sportive d’Azazga, en collaboration avec l’association «Amejay», a organisé du 19 au 21 octobre un vibrant hommage au défunt. Décédé le 7 septembre dernier, à l’âge de 82 ans, le défunt a été enterré au cimetière de Fenestrelles à Aubagne, dans le sud de la France. Un riche programme a été tracé par les initiateurs de la cérémonie à laquelle ont assisté des membres de sa famille, ses collègues et ses amis. Le coup d’envoi a eu lieu à la maison de la culture d’Azazga. Au premier jour de l’hommage, en début d’après-midi, après une minute de silence et une présentation du parcours du regretté la parole a été donnée à sa fille, Amina, qui a tenu d’emblée, avec beaucoup d’émotion, à remercier tous ceux qui étaient venus pour honorer la mémoire de son défunt père. Elle a évoqué la fierté qu’affichait le regretté quant à ses origines, l’amour qu’il portait pour son pays et à la femme kabyle, qui était particulièrement l’une de ses préoccupations et priorités. Elle a également tenu à rappeler la grande importance qu’il accordait à l’éducation, l’identité amazighe et à l’honnêteté dans sa vie. Les témoignages se succédaient pour témoigner de la grandeur, la bonté la compétence et bon nombre de qualités exceptionnelles qui ont caractérisé le défunt. Ce dernier était un cadre de l’ex fédération du front de libération nationale FLN. Très jeune, il a su mener un combat révolutionnaire, social et humanitaire par excellence. «Da Mahmoud était le médecin qui a tendu la main à un peuple qui venait de sortir de la guerre. Il se montrait toujours disponible à soulager la souffrance et la douleur de ses patients. Il a su tisser un réseau de soins avec tous les hôpitaux, et tous les malades qu’ils soignaient guérissaient. Il touchait à tout et avait l’art de diagnostiquer les pathologies. Il était modeste, à l’écoute des pauvres qu’il soignait gratuitement. Il commençait à travailler à 4 heures du matin pour finir à 8 heures du soir. Il a simplement honoré la profession médicale. Il nous répétait sans cesse que toute personne a le droit à l’erreur excepté le médecin, qui lui, exerce une profession qui ne pardonne pas! Une profession noble qu’on se doit d’honorer» et de poursuivre «Il a démissionné du conseil d’ordre parce qu’il s’est vu dans l’incapacité de supporter le fait qu’on lui interdise de prescrire certains médicaments», ont témoigné les Drs. Hadj Saïd et Sayri. «Le Dr. Mettouchi était notre aîné il nous a appris le courage, l’amour du métier et la conscience professionnelle. Il était un médecin profondément engagé. On aurait aimé organiser ce genre d’hommage à nos illustres ainés de leur vivant, afin qu’ils se rendent compte à quel point leur place est inestimable au sein de leur société», a ajouté Dr. Idris, membre de l’association «Amejay». Un membre de sa famille a émis le souhait de voir l’hôpital de Bouzeguène porter son nom pour que «nul n’oublie qu’il a été le premier médecin de la région, un moudjahid et un humaniste». Vers 16 heures heures, une gerbe de fleurs a été déposée devant son cabinet à Azazga. Dans la soirée, ses collègues, ses parents, ses proches et tous les gens qui le connaissaient se sont réunis en son domicile pour une veillée funèbre. Au deuxième jour de l’évènement, les initiateurs ont organisé un match de football entre les vétérans de la JS Kabylie et les vétérans de JS Azazga en la mémoire de ce noble médecin qui était, en 1970, le président de la jeunesse sportive d’Azazga (JSA). Le match s’est déroulé le jeudi 20 octobre 2016, au stade Tirsathine à Azazga. Au troisième jour de la célébration du 40ème jour du décès du praticien, et suite à une proposition de l’écologiste Messaoudene Mohand Salah, directeur de la recherche écologique forestière à l’institut national de la recherche forestière (IMRF), une randonné a été effectuée, le vendredi 21 octobre, à partir de son cabinet jusqu’à la forêt d’Yakourene. «C’est notre façon de lui rendre hommage. Vivant, il aimait la marche, le sport et le partage. Il respectait la nature et la propreté. Il conseillait toujours à ses malades de rester en contact avec l’environnement et de respirer l’air frais de nos forêts», dira le directeur d’IMRF. Mettouchi Mahmoud est né le 17 octobre 1934 à Aït Ikhlef, dans la commune et daïra de Bouzeguène. Il a fait des études de médecines en Algérie. Il a, par la suite, obtenu son diplôme à l’université de médecine de France. Fidèle à sa patrie, il était l’un des premiers médecins à Azazga où il a exercé de 1967 à 2008. Les intervenants à cet hommage ont tous rappelé avec une grande douleur, ses qualités, sa disponibilité et le vide qu’il a laissé dans la vie de tous.

Fatima Ameziane.

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