Drogue, alcool et tabac, le triptyque dangereux

Si l’on fume de plus en plus jeune, cependant, les causes qui sont derrière ce fléau demeurent pour le moins déconcertantes. Ils ont entre 8 et 16 ans et ils fument comme des « grands ». Imitation ? Plaisir ou « imposition »? Pour tenter d’avoir des réponses, nous avons fait notre petite enquête, à Tazmalt. Il est vrai que le phénomène concerne tout le pays. « Chasse » aux petits fumeurs — au fait « petits » par rapport à leurs âges — Premier « gibier » : il s’appelle Boukhalfa. Il a tout juste 16 ans, il dit qu’il fume depuis 4 ans. Lors de l’entretien, il consommait une cigarette, pas mal sa « technique » de lâcher les bouffées de la fumée inhalées avec insouciance et presque machinalement, après 4 ans on acquiert, sans coup férir, un automatisme pas facile du tout à oblitérer. A la question de savoir comment il a commencé avec la cigarette. La réponse est choquante. « C’est mon père qui me donnait à fumer. Il est un peu cintré. Il me donnait même à boire… ». Voilà le genre de père qui donne un exemple d’irresponsabilité et d’inconscience totales. Malheureusement, il en existe un peu partout des géniteurs pareils. L’adolescent nous apprendra que beaucoup de jeunes garçons — il en connaît au moins une dizaine —, consomment du tabac et même boivent du vin et de la bière. Il citera même un dépôt de boissons alcoolisées, où l’on vendrait ces produits aux gosses. Plus grave encore, il atteste que ces gamins, dont l’âge varie entre 10 et 17 ans, consommeraient de la drogue. Pas facile de dénicher ceux-ci, ils se regroupent dans des lieux isolés, tels des citadelles inexpugnables. Les raisons qui poussent cette tranche sensible de notre société à choisir ces moyens d’autodestruction demeurent presque insaisissables et différent d’un individu à l’autre. Généralement, c’est l’imitation des adultes qui en est la cause, ce sont eux qui sont certainement à blâmer. Cependant, souvent l’adolescent fume, mais ne sait pas toujours pourquoi. Mohamed, 14 ans, collégien : « Je fume, c’est tout ». dit-il, en haussant les épaules, tout en s’empressant de finir sa cigarette pour rejoindre son CEM. Aux côtés de la « clope », il y a aussi le tabac à priser, ou ce qu’on appelle communément « chemma ». Là, elle est reconnaissable chez les éphèbes, à la lèvre supérieure ou inférieure, enflée du fait de la prise (rafaâ) qui donne vraiment l’image de gueule revêche. Il n’est pas étonnant, de voir les trottoirs pleins de crachats. C’est une réalité à plus d’un titre. La prise du tabac, pour le psycho-comportemental est à la limite du masochisme. L’individu est conscient des conséquences néfastes et pernicieuses sur son état de santé, mais il continue quand même à s’autodétruire. Si l’on tente de faire une « immersion » dans les causes de ce fléau, qui prend des proportions alarmantes, l’on trouvera la paupérisation et les problèmes sociaux-affectifs, comme étant le « nerf sciatique » de ce phénomène qui avance sans répit. L’ennui, le manque de loisir, l’imitation, l’ignorance à un degré moindre et le plaisir (eh oui !) de… se tuer, à petit feu, sont, osons le dire, « accessoires ». La montée ou la propension de plus en plus avérée à consommer du tabac menace la masse juvénile et l’expose au danger que représente ce produit toxique à côté, bien sûr, des non moins nuisibles stupéfiants et autres boissons alcoolisées. La prolifération des débits de boissons et de bars, la production artisanale et commercialisation de la chique à grande échelle, dans les rues et les marchés, la décuplation des trafiquants de psychotropes et de drogues ne sont pas entre autres, fait pour endiguer, ou tout au moins corriger la trajectoire, presque inéluctable, que prennent nos jeunes vers ces « outils » de l’autodestruction.

Micipsa Y.