La coopérative de théâtre Vasara, du nom antique de Bordj Ménaiel a produit un one man show plaisant écrit et interprété par Malik Haddar intitulé « L’émigré ». Le spectacle est un récit tonitruant qui emprunte une somme de parodies et de facettes parfois certes d’inégale valeur mais sur un ton linéaire. C’est l’histoire d’un jeune algérien qui, après de brillantes études universitaires et de guerre lasse, est recruté comme éboueur dans le cadre du filet social. Après moult élucubrations, il rencontre un ancien camarade de classe qui a depuis longtemps choisi de s’établir dans un pays scandinave. L’évocation du mode de vie dans ce pays scandinave le mène à méditer sur son vécu. La comparaison sombre dans la division. « En empruntant le regard de l’autre, c’est notre réalité qu’on démystifie » nous dit l’acteur-interprète. Comme dans tout one man show, il axe son effort sur le texte et le jeu. Pari difficile car, les raccourcis sont tentants Malik sur scène se dépense sans compter sa générosité, force l’écoute. Il travaille d’arrache-pied pour améliorer ses prestations avec modestie et humilité. Qualités rares en milieu théâtral chez nous de nos jours. Nul doute que Malik avec un tel esprit et un tel enthousiasme connaîtra, le succès qu’il mérite.
Tayeb Bouamar
