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Les tamisiers ont toujours la cote

Il y a certains métiers artisanaux qui résistent au temps et à la modernisation tous azimuts. Parmi ces métiers, on trouve le tamisier.

Hé oui, tant que la ménagère a besoin de son tamis pour sasser que ce soit la semoule, les grains de couscous ou le piment moulu, les tamis auront toujours la « cote » chez elle. Pour tout dire, ce métier artisanal a fini par disparaître de la région de Kabylie, où il n’est plus d’actualité. Il est par contre perpétué dans les localités rurales des wilayas de Bordj Bou Arrérdij et M’sila. En effet, des tamisiers ambulants sillonnent les villages de l’Est de Bouira pour s’adonner à ce métier séculaire. Ils façonnent et réparent des tamis en faisant du porte-à-porte, où en s’installant carrément dans un coin pour vendre leurs produits. Nous avons remarqué la présence de ces artisans dans la vallée du Sahel où ils proposent les tamis. Se déplaçant en voiture ou en camionnette, ces artisans, qui n’ont pas oublié en dépit de tout le métier de leurs grands-parents, arrivent quand même à se faire du pactole étant donné que les ménages ont grandement besoin de cet équipement qui entre dans différentes tâches ménagères. Dans les zones rurales, le tamis est encore d’usage car les femmes l’utilisent surtout pour la préparation du plat traditionnel, le couscous en l’occurrence. Certaines d’entre elles préfèrent garder jalousement d’anciens tamis « légués » de mère en fille, et ce, en préférant les rafistoler. Et c’est ce que font les confectionneurs des « passoires » qui redonnent leur forme presque initiale aux vieux tamis. La ménagère ne peut qu’être heureuse, car, d’une part elle s’est fait réparer le tamis tout en le gardant d’autre part, comme un précieux objet qui vient de lointains parents. En plus de cette activité, les tamisiers ambulants réparent également les poignets des casseroles, des poêles et autres ustensiles à anses. Avec une dextérité qui en dit long sur leur maîtrise parfaite du métier, ces artisans, sympathiques tels qu’ils sont, produisent des tamis en un laps de temps court. En tout, ils n’ont besoin que d’un ruban en bois léger, d’une maille en acier, d’une paire de ciseaux et de quelques petits clous pour confectionner les tamis. « Tant que le couscous existe, le tamis sera toujours là. »

Y. Samir

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