L’expérience algérienne en débat

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Des représentants de 22 pays se sont regroupés, avant-hier, à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, pour le lancement du colloque international sur l’enseignement à distance, sous le thème «L’enseignement à distance, entre théorie et pratique : cas de l’expérience algérienne».

Le coup d’envoi de l’événement, qui s’étalera sur trois jours, a été donné par le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, M. Tahar Hadjar, qui a souligné, d’emblée, l’intérêt que porte l’Algérie à ce type d’enseignement. «L’enseignement à distance est un objectif stratégique qui rentre dans le cadre d’un programme national qui consiste à introduire les nouveaux concepts en concordance avec le développement technologique», a-t-il-déclaré, tout en indiquant que dans le cadre de l’opération pilote, lancée par son département, il a été enregistré l’inscription de 5000 étudiants. Il a précisé que, pour le moment, uniquement cinq universités sont concernées, à savoir Oran, Constantine, Blida, Alger 2 et Alger 3. Le ministre a, toutefois, rassuré que l’expérience s’étendra sur d’autres universités du pays, toujours dans le cadre du programme national tracé. Il a également mis en exergue l’importance accordée par l’Algérie à ce type d’enseignements, qui va permettre, selon lui, de soulager les universités algériennes qui subissent une grande pression. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la lutte contre «la disparité» entre les universités du Nord et celles du Sud du pays sur le plan qualitatif, a-t-il expliqué. «Dès 2017, l’université de la formation continue deviendra une open université qui assurera des formations de licence et master» a fait savoir le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. C’est, donc, une bonne nouvelle pour les étudiants de l’université de la formation continue UFC qui sera, aussi, concernée par la généralisation de ce système à distance. Dans le même sillage, le ministre a annoncé la création d’une chaine de télévision pour l’enseignement à distance, une chaine «prête à commencer», précise-t-il. Par ailleurs, ont participé à ce colloque, qui s’étalera sur trois jours à partir d’hier, 22 pays dont Oman, le Kuweit, l’Arabie Saoudite, le Maroc, l’Egypte, la France, la Lybie et l’Irak, ainsi que 19 universités algériennes et plusieurs centres de formation à distance, en plus des enseignants et des praticiens, a-t-on appris. Concernant l’objectif de cette rencontre, Mme Mouder, la présidente de ce colloque, dira : «notre objectif est d’expliquer cette notion d’enseignement à distance. Le colloque parle de la naissance de l’enseignement à distance et de son développement progressif». Ladite présidente a, également, indiqué que les circonstances de l’apparition de ce type d’enseignement sont liées initialement à la «difficulté trouvée pour rejoindre les classes classiques, et ce, pour des raisons liées aux circonstances de l’époque, à savoir les guerres, le phénomène de l’exil, les différents handicaps…» a-t-elle expliqué. Et d’ajouter : «Cependant les circonstances et les conditions changent d’une époque à une autre. Maintenant, c’est plus l’ouverture sur de nouvelles formations que requièrent les adeptes de ce type d’enseignement». Ainsi, ce colloque est l’occasion d’exposer l’expérience algérienne dans ce domaine, et d’échanger les connaissances acquises avec les différents pays participants à cet événement. En plus de l’expérience algérienne, celles de la France et de l’Arabie Saoudite, ainsi que d’autres pays seront étudiées, selon Mme Mouder. Les différents axes sur lesquels se portera l’exposition de l’expérience algérienne dans ce colloque sont «les difficultés, les défis, les enjeux de l’application de ce système, la coopération, dans le domaine, avec les autres pays qui participent au colloque, la vérification de l’accessibilité de ce système aux femmes au foyer et les handicapés dans notre pays, les moyens d’accorder ce type d’enseignement à la vie sociale et culturelle et faire en sorte de trouver la solution pour bien le pratiquer et le développer pour l’intérêt des individus et de la société en général», souligna la présidente.

Kamela Haddoum

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