Féministe convaincue, et bâtonnière très consciente de son rôle, maitre Ouafya Sidhoum est revenue de Budapest, capitale de la Hongrie, où elle a participé la semaine dernière à un congrès international des bâtonniers sous le thème «droit international et droit des affaires». Pour son intervention, elle a choisi le thème «la femme algérienne et les obstacles qu’elle rencontre sur la voie de son émancipation».Tout en se félicitant des changements intervenus dans sa vie de femme au foyer, la conférencière a retracé le long combat, jalonné de victoires, qu’elle mène depuis l’indépendance. Ce combat l’a menée à occuper plusieurs postes clefs, à l’instar d’autres femmes algériennes. Elle citera l’exemple des femmes ministres, walis, députées, chefs de daïras ou sénatrices, membres d’APW, ou d’APC, militantes de partis, juges, avocates, ingénieures, institutrices, directrices… Cependant, et selon elle, il reste encore beaucoup à faire pour la cause de la femme, encore confrontée au poids d’une tradition séculaire, voire millénaire. Ainsi, la condition de la femme au foyer lui parait inadmissible. Cette tradition pèse malgré les progrès notables enregistrés dans sa vie de femme, (reconnaissance de ses droits par la loi). Celle-ci, qu’elle soit femme politique ou responsable administrative, retrouve sa condition de femme au foyer dès qu’elle rentre du travail, en s’occupant des tâches ménagères et de l’éducation de ses enfants. L’oratrice a comparé la gent féminine algérienne à son homologue européenne, beaucoup plus avancée dans la conquête de ses droits. Chose qui la place, quasiment, au même pied d’égalité que l’homme. Le partage équitable des responsabilités et des tâches chez l’européenne, est pris comme exemple. C’est pourquoi, la bâtonnière, si fière d’avoir accédé à une poste réservé jusque-là à des hommes, met toute son énergie et toutes ses compétences pour faire avancer la cause de la femme algérienne, pensant, par-là que si elle réussissait dans son entreprise, c’est la cause de toute la femme nord-africaine et musulmane qu’elle défendrait. A titre illustratif, elle évoquera le bon accueil réservé aux avocates voilées qui l’accompagnaient dans ses déplacements, notamment la sympathie manifestée par les avocates parisiennes, étonnées de voir des avocates voilées s’exprimant dans un français irréprochable. Signe, à leurs yeux, que le respect de la tradition pouvait se conjuguer parfaitement avec le progrès et la culture éclectique. Un autre sujet, qui constitue tout autant de fierté pour Me Sidhoum, est «le fait d’avoir fait profiter deux avocats, en l’occurrence Me Derradji et Me Khramça, de deux mois et demi de stage en France», dira-t-elle. D’ailleurs, elle compte sur les colloques et les congrès de ce genre pour compléter la formation de jeunes avocats. Par ailleurs, elle tiendra à rendre hommage au barreau de Paris qui organise des stages de formation. Elle révèlera à ce propos : «à ce jour, le barreau de Paris a fait profiter 50 avocats du monde entier», en espérant la continuité dans ce genre de formation. Notre interlocutrice a également tenu à remercier la délégation algérienne établie à Budapest pour l’accueil réservé aux participants algériens. Ainsi, madame la bâtonnière se pose en farouche championne de la cause de la femme algérienne en particulier, et de la femme nord-africaine en général. Elle se fait l’avocate de tous ses confrères, et ce, en contribuant à leur formation par des stages et des colloques et en se tenant à leurs côtés en cas de besoin. Un véritable exemple à saluer pour le combat qu’elle mène à son double titre d’avocate féministe, et de membre du Barreau qui profite de cette position privilégiée pour veiller sur toute la corporation en butte aux attaques de toute sorte.
Aziz Bey

