Dans le cadre de la lutte contre l’analphabétisme, le bureau du collectif Iqraa d’Aïn El Hammam vient de lancer officiellement des cours en langue amazighe. Selon Mlle Safia B, présidente du bureau, les cours d’alphabétisation ont repris depuis le mois d’actobre dernier et les quatre enseignantes affectées à la section dispensent des cours d’arabe, de français, de mathématiques et de sciences islamiques, auxquels viennent s’ajouter donc, depuis quelques jours, les leçons en tamazight. Notre interlocutrice nous dit que les apprenantes manifestent un engouement accru pour ces cours qui semblent leur convenir. Cependant, nous avons d’emblée remarqué l’absence d’hommes dans les deux classes d’une trentaine de femmes chacune. «Un seul homme s’est inscrit cette année. Nous espérons voir d’autres lui emboîter le pas pour ouvrir une classe d’hommes,ajoute la responsable. Pour attirer plus d’élèves, notre interlocutrice nous dit avoir lancé un appel aux habitants de la région, par voie d’affichage. Les affiches précisent que les cours sont dispensés gratuitement. Dans les classes, les deux groupes de première et de deuxième année semblent prendre à cœur leur travail. Leur maîtresse nous montre quelques cahiers, dont celui d’une femme de soixante-six ans qui n’a jamais été inscrite dans une école. «Elle vient juste d’entamer la deuxième année et arrive à lire en français et en arabe», nous précisera-t-on. Bien que la plupart d’entre elles soient âgées et mères de familles, elles viennent à l’école avec plaisir. Leurs cahiers, très bien tenus, en disent long sur leur intérêt pour l’instruction. Nous apprenons par ailleurs que c’est le directeur de l’école de filles de la ville qui met ses locaux à la disposition d’Iqraa, le mardi après-midi et le samedi. Quant au vendredi, l’absence de transport les empêche de venir de leurs villages trop éloignés. «Des centaines de femmes sont passées chez nous depuis 2007, l’année d’ouverture d’une section ici à Aïn El Hammam», nous dit Safia qui saisit l’occasion de notre présence pour «remercier le directeur de l’école primaire de filles de la ville, le P/APC et son exécutif pour leur aide à chaque fois que nous la sollicitons».
A. O. T.
