«Il faut que les mentalités changent»

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Le cinéaste, acteur et producteur Belkacem Hadjadj a été l’invité, jeudi dernier, du forum de Radio Tizi-Ouzou où il a fait un constat le moins qu’on puisse dire négatif sur le cinéma algérien. En effet, parlant de formation, l’Algérie n’as qu’une école censée former, plus ou moins, des acteurs de qualité et qui peuvent camper des rôles de composition. «La grande expérience accumulée, jadis, n’est plus de mise», se désole-t-il, avant de constater que le relais n’a pas été transmis. «Les Marocains qui s’adressaient à l’Algérie pour l’ingénierie photo, pour l’assistanat, et même pour le montage de leurs films ne le font plus parce que les techniques ne sont plus les mêmes, elles sont passés du manuel, du chimique, de la pellicule et du montage son au numérique (…) Ils nous ont échappé.» Cela place le pays à la traîne des pays où le cinéma est un produit artistique, esthétique, commercial et bien sur culturel. Les 3 films en tamazight réalisés par Abderahmane Bouguermouh (après des années de démarches et grâce à son entêtement), en l’occurrence «La colline oubliée», Azzedine Medour, «La montagne de Baya» et Belkacem Hadjadj «Machahou» «l’ont été à une époque où tout a été déstabilisé, perturbé, c’était le trou noir mais nous en sommes sortis en réalisant des films de bonnes factures» qui ont reçu les éloges et les congratulations de la part de la critique. Mais pour trouver des acteurs, là c’est un problème de mentalité du Kabyle en particulier et de l’Algérien en général. Il faut que ça change. «On confond la fiction et la réalité, on ne prend pas un acteur pour ce qu’il est dans un film mais on le juge comme s’il s’agit de la réalité. J’ai eu toutes les difficultés du monde à trouver une actrice et un acteur pour le film «Fadhma N’Soumeur» et j’ai d&ucirc,; la mort dans l’âme, me rabattre sur une étrangère, lui apprendre le kabyle, même si sa diction était approximative mais elle était intelligible, tout le monde avait compris. Aussi Fadhma N’Soumeur était spirituelle, et reprendre par l’image la spiritualité de Fadhma n’était pas chose facile à l’inverse de Boubaghla qui était un homme d’action, il crève l’écran. Cependant, dans les temps de tournage consacré à l’un et à l’autre, Fadhma a été le plus filmée.» Laissons de côté les critiques et les interventions inappropriées, inadéquate et hors sujet, l’intervention du réalisateur était à la hauteur, il a su nous restituer la réalité du cinéma algérien, avec ses tares, ses avantages et ce qui pourrait être fait pour sa promotion et son essor.

Sadek A. H

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