Chemini – Le sachet de lait à 30 DA

En raison de la persistance de la crise du lait depuis des mois, les consommateurs ne savent plus à quel saint se vouer. Le fameux lait en sachet fait encore parler de lui à telle enseigne que les discussions et autres palabres virent souvent à la pénurie du lait. Une situation dont des commerçants, sans scrupules, profitent pour céder le sachet de 25 DA l’unité à 30 DA, faisant fi de toute réglementation pour saigner à blanc l’humble consommateur. Pis, d’autres épiciers qui ne sont pas à court d’idées tentent de berner le consommateur en lui proposant du lait dit «entier» à raison de 45 à 50 DA le litre. Tous les moyens sont bons pour désosser à la trique le pauvre citoyen qui se trouve à la merci de ces «sangsues». Le prix du lait en sachet se fait pousser des ailes alors que son prix initial est plafonné par l’État à 25 dinars. La marge bénéficiaire, décidée et mise en application illégalement, dépasse les 75 % du prix de base. Des files interminables se forment dès l’arrivée des camions-frigos devant les épiceries et supérettes. Suite aux perturbations enregistrées, ces derniers temps, sur le marché national en matière d’approvisionnement des détaillants, les consommateurs assistent impuissants à une augmentation anarchique des prix. Quand l’insouciance et le gain facile priment, aucun produit de consommation n’est épargné par la cherté. Les habitants de la localité de Chemini semblent ne jamais en finir avec la crise du lait en sachet qu’ils vivent depuis des années. Les gens se disputent l’infime quota qu’on leur livre, et ce, après d’interminables files d’attente. Dans cette contrée reculée, certains commerçants exercent leur «diktat» en toute impunité, imposant ainsi des prix qui dépassent tout entendement. D’ailleurs, le prix du lait en sachet était revu à la hausse avant même l’avènement de ladite pénurie. Un litre de lait était cédé à 27,50 DA alors que d’autres épiciers le proposaient à 25 DA. Des pratiques déloyales et frauduleuses ! «Le malheur des uns fait le bonheur des autres», déplore un père de famille. La crise du lait en sachet est loin de connaître son épilogue dans la wilaya de Bgayet, notamment dans les localités reculées. Ce produit de première nécessité se fait de plus en plus rare ces derniers jours, au grand dam des consommateurs qui craignent que cette crise dure encore. Cependant, il est rare que la quantité livrée suffise à tous, puisque souvent un grand nombre de clients finissent par retourner chez eux bredouilles ou opter pour le lait à «longue durée de conservation», tel Candia, Soummam, dont la «brique» (en carton) ou la bouteille en plastique d’un litre revient à 80 DA l’unité, «une façon comme une autre de faire contre mauvaise fortune bon cœur». Les prémices d’une crise ambiante jusque-là inexpliquée sont perceptibles de visu dans un marché qui continue à échapper à tout contrôle. La petite disette qui se manifeste a fait tout un tintamarre désaxant davantage les règles régissant le commerce. Les épiceries ne sont approvisionnées en lait que par intermittence. Malgré les assurances des pouvoirs publics quant à un approvisionnement régulier et sans faille du lait en sachet, la pénurie s’installe dans la durée. Les longues chaînes devant les commerces de produits laitiers tendent à devenir quasi quotidiennes.

Bachir Djaider