Des pique-bœufs envahissants

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Certes, les oiseaux sont indispensables pour l’équilibre écologique, mais, souvent, ils sont nuisibles quand ils s’attaquent à l’agriculture. On peut citer les étourneaux, ennemis numéro un, aussi bien des graines que des olives, mais, il y a aussi une autre variété de passereau, à savoir les pique-bœufs, qui a fait son apparition en grand nombre dans de nombreuses localités de la wilaya, dont Draâ Ben Khedda, Draâ El-Mizan, Tadmait, Boghni… Ces volatiles ont envahi ces région et se prolifèrent à une vitesse exponentielle. Personne ne fournit une explication fiable. Même les ornithologues ne comprennent pas ce phénomène. A Draâ El-Mizan, ils sont des milliers qui arrivent, dès la tombée de la nuit, pour se nicher dans les eucalyptus du centre-ville. Avec leurs cris stridents, ils sont plus dérangeants que le passage des camions de gros tonnage. « On ne sait plus quoi faire pour les chasser. Depuis plus de dix ans, ils nous empoisonnent la vie », nous dit un riverain. Si le bruit assourdissant de leurs cris est un souffre-douleur pour les habitants de ce pâté de maisons, situé juste à côté de leur lieu de prédilection, leurs matières fécales, en revanche, empoisonnent souvent la vie de ces résidents. « Ecoutez, je peux supporter leurs cris, mais, sentir leurs excréments me donne envie de vomir. Et puis, ils salissent tout l’environnement proche de ces eucalyptus. Le seul moyen de les éloigner est d’élaguer ces arbres parce qu’ils préfèrent se nicher sur leurs cimes. Ce sont des oiseaux malins. Lorsqu’ils sentent qu’un danger les guette sur les cimes, ils descendent plus bas. Il y a des milliers. Personne ne peut les chasser de là », se plaint un citoyen. En tout cas, certains pensent que ces volatiles seraient importés pour lutter contre les parasites dans les barrages d’eau. Au fil du temps, et durant leurs longs voyages migratoires, ils sont arrivés dans plusieurs contrées d’Algérie. Pendant la journée, ces hérons pique-bœufs vont dans les champs, où ils se nourrissent de parasites vivant sur le dos des bœufs et autres grands ondulés. « Ils ravagent tout sur leur passage. Certes, ils nettoient nos bêtes, notamment les bœufs et les vaches, mais, ils s’attaquent aussi à nos cultures. Ce sont aussi des piscivores parce qu’on les voit à la surface de l’eau du barrage», nous confie un éleveur de la vallée de Draâ El-Mizan. Les habitants du centre-ville, notamment ceux de la place du marché, interpellent les responsables locaux à trouver une solution pour éloigner ces passereaux, mais en les sauvegardant de toute extermination. Car, chasser des oiseaux comme ceux-ci est une atteinte à la faune, qui conduirait peut-être à l’extinction d’une variété rare. « Débarrassez-nous de ces oiseaux! », tel est l’appel lancé par ces plaignants.

Amar Ouramdane

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