Le président du comité Helouane, sur les hauteurs du chef-lieu communal, a jeté l’éponge avant-hier. Il faut souligner que ce président a joué un très grand rôle au sein de ce comité depuis maintenant une quinzaine d’années. « Quand des membres de votre bureau ne sont pas sincères, il faudrait partir. Je ne peux plus travailler dans cet environnement», nous répond d’un ton dépité M. Mohamed Belkadi, car c’est de lui qu’il s’agit. Et de nous donner la version des faits: «dans notre village, un différend s’est produit entre deux habitants. Après plusieurs réunions de réconciliation, nous avons rédigé un P-V mettant fin à ce conflit. Mais, avant-hier, quand j’ai appelé quatre membres à venir signer ledit document. Ceux-ci ont invoqué des prétextes qui ne tiennent pas la route pour éviter de signer ledit P-V. J’ai pris, alors, la décision de claquer la porte. D’ailleurs, aujourd’hui (dimanche), je passerai communiquer cette information au maire». Ce cadre de l’éducation nationale en retraite a, depuis qu’il a été élu à la tête du comité, contribué au développement de ce village qui était entièrement enclavé dans cette montagne rocailleuse. M. Mohamed Belkadi ne regrette pas d’avoir participé et donné tout son temps, en dépit de son âge et de sa maladie, à la concrétisation de nombreuses opérations à Helouane. «Nous avons surtout arraché un programme PPDRI qui a vraiment sorti notre village de son enclavement. Je vous citerai l’unité de soins du village, le foyer pour jeunes, l’électrification de nombreux foyers, l’ouverture des pistes agricoles, l’assainissement, le gaz naturel, la stèle en hommage à nos martyrs… En tout cas, c’est un véritable travail de titan que nous avons mené durant ces quinze dernières années », souligne ce président démissionnaire. Notons, par ailleurs, que «Si Moh» donnait lui même des cours de soutien aux élèves des classes d’examen, notamment ceux des classes de quatrième année moyenne. «Tous les vendredis après midi, je me déplace de Draâ El-Mizan à Bounouh pour encadrer les candidats à l’examen du BEM. Tout cela, c’était pour sortir notre village de son sous-développement parce que l’instruction est primordiale, sachant qu’elle représente le seul investissement durable», estime-t-il.
Amar Ouramdane
