La Journée internationale du handicapé a été célébrée, avant-hier, dans la wilaya de Tizi-Ouzou. à cette occasion, le président de l’association pour l’insertion des handicapés moteurs de la wilaya, M. Kheloui Hocine, fait un large tour d’horizon des préoccupations de cette frange de la société.
La Dépêche de Kabylie : Quel est votre sentiment quant à la célébration de cette Journée dans la wilaya de Tizi-Ouzou ?
M. Kheloui Hocine : Il ne s’agit pas de célébrer une date. Il faut voir les conditions dans lesquelles vivent les handicapés, notamment en cette période d’austérité. Les conditions de vie de nos handicapés ne se sont pas améliorées, Il reste beaucoup à faire dans notre pays. Nous nous battons comme des forcenés pour le moindre fauteuil roulant, pour le moindre matériel.
Quelles sont vos préoccupations premières ?
D’abord et avant tout, le problème d’insertion se pose avec acuité. L’administration doit réserver un quota de postes de travail pour les handicapés et le privé doit aussi les recruter. Ensuite, il y a l’allocation de 4 000 DA. Qui pourrait en vivre ? Elle devait depuis longtemps passer à 6000 DA, mais ce n’est toujours pas le cas. Nous pourrions parler aussi des accès tant en ville que dans les villages. Ceux-ci sont très rares et les familles trouvent d’énormes difficultés rien que pour déplacer leurs handicapés dans un fauteuil.
Avez-vous des chiffres exacts quant au nombre de handicapés dans la wilaya ?
Des chiffres exacts ? Non ! Dans notre association, nous avons soixante-dix personnes ayant un handicap, dont une dizaine de non-voyants. Ils ont leurs cartes d’adhérents. Mais nous recevons au quotidien des dizaines de nécessiteux qui viennent nous solliciter pour une aide. Heureusement que des bienfaiteurs sont là et viennent à notre secours. Je profite d’ailleurs de cette occasion pour les remercier. Je citerai comme exemple la Fondation Zinedine Zidane qui a pris en charge un séjour d’une dizaine de jours, à l’auberge de jeunes de Tigzirt, en août 2015 et un autre de quatre jours en septembre dernier. La Fondation nous a également fait don d’un matériel orthopédique : 10 cannes, 10 béquilles et 5 fauteuils roulants que nous distribuons gratuitement bien sûr. Nous attendons pour les prochains jours un autre don consistant en un lot de couches.
Comment sont vos relations avec les autorités locales, notamment avec la DAS ?
Nous sommes en bons termes et les demandes sont nombreuses. Nous attendons la concrétisation des promesses. Les services sociaux des APC doivent se mettre à jour et aller à la rencontre des handicapés. Les allocations doivent être revues à la hausse. Les élus locaux doivent jouer le jeu, car les citoyens attendent beaucoup d’eux. Nous interpellons également les responsables des hôpitaux, afin que les handicapés ne passent pas des heures à attendre pour des soins ou des jours, voire des mois, pour une imagerie quelconque. Quant à la DAS, elle a une tutelle. Que pourrait-elle faire si les vannes ne sont pas ouvertes d’Alger ?
Vous assurez des cours au niveau de l’association ?
Oui des cours d’arabe, de français, d’anglais et d’informatique sont assurés à notre niveau. Nous œuvrons pour que nos attestations soient remplacées par des diplômes reconnus par la formation professionnelle et donc par l’administration. Nous projetons d’ouvrir un autre atelier de couture dans le cadre d’une convention avec le CFPA Kerrad Rachid.
Peut-on connaître votre programme pour cette journée particulière (avant-hier NDLR) ?
Au programme de cette journée, nous avons prévu un gala animé par des chanteurs, pour la plupart des handicapés, tels Malek Kézoui, Rosa, Imerzoukène, Bouyahiaoui, Kichou (poétesse et chanteuse) et Ali Méziane qui a bien voulu participer à la fête.
Votre mot de la fin ?
Nous lançons un appel à l’adresse des bienfaiteurs pour qu’ils soient nombreux à venir en aide à nos handicapés. Ils peuvent se rapprocher de l’association ou nous contacter au n° de téléphone : 026 12 20 99. Le N° de CCP de l’association est le suivant : 1930405 clé 59. Pour le courrier, des boîtes postales seront bientôt mises à la disposition des handicapés. Nous attendons beaucoup de notre Etat, car les handicapés n’ont aucun autre recours.
Entretien réalisé par M.A.Tadjer

