Il a suffi que le prix du café en grains subisse une hausse pour que les cafetiers saisissent l’occasion de renflouer leurs caisses. Dans de nombreux cafés maures de la ville d’Aïn El Hammam, une tasse de café, consommée au comptoir ou à table, revient désormais à 30 dinars, au lieu de 25 d’il y a quelques jours seulement.
Un tenancier nous explique que les cinq kilogrammes de café en grain que l’on achetait auparavant à 2700 dinars, nous reviennent maintenant à 3000 dinars. Ce qui fait une augmentation de soixante dinars le kilogramme. «Comme nous sommes habitués à payer les consommations de nos amis, qui s’attablent en même temps que nous, la note peut maintenant devenir salée. Cent vingt dinars est désormais le minimum que l’on pourra débourser. Il y a de quoi se mettre au thé qui ne coûte que vingt dinars, ou éviter carrément les cafétérias» ajoute t-il. Notons que c’est la seconde fois que le prix de la tasse de café a été revu à la hausse. Il y a deux ans, les clients payaient vingt dinars leur consommation, avant de la voir passer à vingt cinq dinars. Une question s’impose tout de même : Y a-t-il un organisme qui décide des prix, ou chacun doit appliquer la tarification qu’il juge opportune ?
Le lait en sachet à nouveau disponible
Par ailleurs, et après maintes péripéties, le lait en sachet semble redevenir disponible au niveau des revendeurs de la ville d’Ain El Hammam. Au centre commercial du centre ville, seul pourvoyeur de la population quelle que soit la saison ou le temps, les chaînes humaines qui se sont répétées chaque jour, depuis plus d’un mois, ne sont plus de mise. Un employé nous dit que «cela fait près d’une semaine que nous distribuons le lait à l’intérieur du magasin». Il faut préciser qu’en temps de crise, le lait en sachet était vendu dehors, directement à partir du camion d’approvisionnement. La chaîne s’étirait, alors, sur plusieurs centaines de mètres, et les quotas individuels ont été souvent limités à quatre sachets par personne. Ce qui n’était pas suffisant pour certaines familles nombreuses, dont les parents faisaient et refaisaient la chaîne jusqu’à épuisement du stock. Désormais, tout cela semble faire partie du passé. «Ni chaîne, ni limitation», nous dit un autre employé. Mais, «on ne sait pas jusqu’à quand ?» rétorque un client. En tous cas, pour le moment, les clients ne se pressent pas devant le tas de sachets présentés dans des bacs à l’intérieur du centre commercial. Les habituels acheteurs n’en demandent que deux ou trois, comme si, subitement, ils n’en voulaient plus. «Ils sont rassasiés», commente un vendeur. Les bacs sont ainsi exposés à la vue de tous les passants qui peuvent s’en servir sans avoir à prendre du «lait de vache» ou du «Lben», imposés concomitamment en temps de crise. Que deviennent alors ces produits ? Qu’importe ! «L’essentiel est que le souci du lait n’existe plus», commente un citoyen. «Dans quelques temps, on renouera encore avec la crise qui revient épisodiquement, sans que l’on sache pourquoi», pensent les consommateurs.
A. O. T.
