Si les propriétaires terriens de la Kabylie s’opposaient autrefois aux ouvertures de pistes agricoles à travers leurs champs, aujourd’hui ce n’est plus le cas.
Les villageois auront compris qu’ils ont tout à gagner et ce n’est pas les petits mètres carrés déduits ou les deux ou trois arbres déracinés de leurs champs qui les appauvriraient. Les mœurs et les mentalités commencent à changer chez les villageois qui ont fini par prendre conscience de l’intérêt et des avantages qu’offrent à leurs yeux ces pistes afin de mieux valoriser et rentabiliser leurs terres. Néanmoins, il en demeure toujours quelques cas isolés qui refusent de se soumettre à la réglementation du village, mais qui finissent toujours par abdiquer de peur justement que la mise en quarantaine ne s’applique contre eux, notamment, s’ils sont en manque d’arguments convaincants pour faire valoir leurs droits conformément à la réglementation des lois du village. Preuve en a été d’ailleurs donnée ces dernières années par l’ouverture de dizaines de kilomètres de pistes dans les villages rattachés aux communes d’Illiltène, Iferhounène et Imsouhal. Cette dernière a bénéficié de pas moins de 20 kms de pistes agricoles, rien que pour cette année 2016, et, aujourd’hui dans ces localités, il est rare de trouver un village qui n’a pas sa piste secondaire, qu’elle soit agricole, ceinture du village ou chemin entre les villages, notamment depuis l’instauration par le gouvernement des programmes PPDRI, Projets de Proximités du Développement Rural Intégré. Un programme piloté par la direction des forêts qui accorde chaque année des aides aux communes afin de permettre aux habitants des zones rurales de profiter des divers avantages que présentent ces accès, notamment pour atténuer un tant soit peu le chômage chez les jeunes en quête d’emploi. Ces contributions permettraient à ces derniers de créer leurs petites activités, soit en matière d’élevages, ovins, bovins, caprins, et notamment, élevages de poules pondeuses, poulet de chair ou bien l’élevage de lapins, ceci d’une part. D’autre part, ces voies sont bénéfiques à plus d’un titre, elles ouvrent premièrement les voies d’accès aux véhicules vers les champs afin de permettre ainsi aux citoyens de se rendre dans leurs propriétés et rapporter leurs récoltes par véhicules, à l’exemple des sacs d’olives en cette période de cueillette, et autres marchandises, véritables fardeaux transportés, il n’y avait pas si longtemps, par les femmes. Il faut signaler aussi que les ceintures protègent ces villages des incendies de forêts en facilitant aux pompiers un passage rapide vers les départs de feux. Comme elles profiteraient également à ceux qui n’avaient pas la chance de posséder un terrain à bâtir le long du chemin communal, mais qui en possèdent à proximité de ces pistes pour y construire leurs habitations. Nous avons entendu ici et là que la majorité des villageois condamnent les oppositions aux projets d’utilité publique et en appellent leurs auteurs à avoir un peu de «Rahma» dans leurs cœurs. Et, cet appel semble être entendu, car, actuellement plusieurs pistes sont en cours d’ouverture.
Madjid A.

