La Direction du commerce de la wilaya de Tizi-Ouzou a organisé, en collaboration avec la Chambre du Commerce et d’Industrie du Djurdjura, lundi au Centre de Loisirs Scientifique de Tizi-Ouzou, une journée d’étude et de sensibilisation sur «L’impact du marché informel sur la concurrence» et «Les techniques de l’observation du marché».
En effet, deux conférences ont été animées à l’occasion par deux professeurs de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. La première porte sur «L’impact du marché informel sur la concurrence», animée par Chenane Arezki, maître de conférences, FSECG, UMMTO. Durant son intervention, l’orateur affirme : «Le secteur informel occupe une place prépondérante dans la création des emplois et dans la production de la richesse nationale des pays en développement, en particulier africains. Le secteur informel se manifeste différemment selon le pays, la région au sein d’un même pays, et même la partie au sein d’une même ville. Il englobe différents types d’activités et d’entreprises». Selon le même orateur, les activités vont de la vente en plein air, du cirage de chaussures, de la préparation de produits alimentaires à celles impliquant un certain effort d’investissement en qualifications. En Algérie, le secteur informel représente plus de 40 % du PIB! L’informel est-il un mal nécessaire? Le secteur informel assure des fonctions essentielles dans : l’emploi, la production, la distribution des revenus, la satisfaction des besoins, la formation des jeunes, les échanges culturels, etc. «L’informel est une réalité incontournable, mais peut on s’en débarrasser?», s’est interrogé l’invité du Commerce. Pour lutter contre l’informel, la responsabilité n’incombe pas uniquement à la direction du commerce, mais plutôt, aux pouvoirs publics qui doivent prendre des mesures, entre autres, la régularisation administrative, la défiscalisation, la sensibilisation des acteurs locaux au niveau des communes et la structuration des marchés informels avec la coordination de l’ensemble des autorités locales. La deuxième communication avait pour thème «Les techniques de l’observation du marché», elle a été présentée par Sediki Abderahmane, maître de conférences à l’UMMTO. Durant son intervention, l’orateur avait mis en exergue les techniques que doivent mettre en œuvre les opérateurs lors de l’observation et l’étude du marché. Ainsi, l’opérateur économique ne peut s’installer sans prendre en compte les spécificités et la réalité de la localité. «L’observation du marché n’est pas l’affaire du seul opérateur, mais surtout, la mission de l’état pour sa régulation. À titre d’exemple, le Japon est un pays diminué de toute ressource naturelle et exposé aux catastrophes naturelles, mais a pu conquérir les marchés du monde entier, en raison de la maîtrise des techniques d’observation du marché», dira le conférencier.
Rachid A.

