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Opération villes mortes pour exiger un bilan et une élection

La grève générale à laquelle a appelé l’assemblée générale des grossistes de la wilaya de Tizi-Ouzou pour hier a été très largement suivie par les commerçants de la wilaya de Tizi-Ouzou à travers les chef-lieux de daïras. En effet, dans la ville des genêts, c’était la paralysie totale dès le petit matin. Pas un commerce d’ouvert que ce soit à M’Douha, au centre-ville, à la Nouvelle ville, à la haute ville, du côté de la gare routière… rien ! Quasiment aucune boutique, aucun commerce n’a ouvert les portes, exception faite des pharmacies bien entendu qui n’étaient pas concernées par l’appel à la grève. Tizi-Ouzou était hier une ville morte. En parallèle à cette action de protestation, les commerçants ont organisé d’abord un rassemblement devant le siège de l’UGCAA où il a été relevé l’absence du premier responsable local, «vu pourtant, commente un des grévistes, sur la grande rue» au moment où le dit-siège était encerclé par les commerçants mécontents. Par la suite, ces derniers ont improvisé un meeting au niveau de la placette du musée de la ville de Tizi-Ouzou (centre-ville) où des prises de paroles ont rappelé, encore une fois, aux présents, les objectifs de la démarche, à savoir, entre autres, exiger les bilans moral et financier du bureau de l’UGCAA de Tizi-Ouzou «qui active ouvertement contre toute volonté qui peut aboutir à garantir les demandes légitimes de ses adhérents», lit-on dans l’appel aux commerçants et artisans de la wilaya de Tizi-Ouzou. Les commerçants appellent désormais à l’organisation des élections libres et démocratiques pour l’élection des représentants «capables d’accompagner les doléances quasi quotidiennes des commerçants et artisans,» poursuit l’appel. Les commerçants soulèvent les problèmes, en cette occasion, de «verbalisation et de pénalisation excessives opérées par les services du contrôle des prix, les procédures contraignantes et arbitraires des différents services des impôts, le non-respect des lois et réglementations en vigueur de la part de la CASNOS de Tiz-Ouzou ainsi que les charges exorbitantes que subissent les commerçants et artisans sans aucune prise en considération de la part des services publics».

Rencontre commerçants – wali mardi prochain

À la fin du rassemblement, les organisateurs ont improvisé une marche silencieuse à partir du musée jusqu’au siège de la wilaya de Tizi-Ouzou dans une organisation impeccable. Arrivés devant le siège de l’institution, les protestataires ont demandé une entrevue avec le premier responsable de la wilaya. «La réussite de la grève générale est une réponse claire au bureau de l’UGCAA à qui l’ensemble des commerçants demandent désormais des comptes. C’est légitime ce qu’on réclame. On cotise et on veut le bilan des activités de notre association. Après c’est normal aussi qu’on cherche à élire les délégués qui nous représentent. Une représentation c’est un mandat qu’une assemblée délègue à une personne ou plus. C’est ce qu’on veut faire dans la légalité. Franchement, je trouve quand même aberrant qu’on s’accroche à un poste de soi-disant représentation au moment où ces commerçants qu’ils sont censés représenter ferment leurs commerces à travers toute la wilaya pour dire qu’on ne veut plus de tuteurs désignés. Les commerçants ont répondu favorablement parce qu’ils en ont assez», nous dira Samir Djebbar, président de l’association des grossistes de la wilaya de Tizi-Ouzou. Il faut dire que cette «association des grossistes a marqué les esprits en multipliant les aides envers les catégories démunies de la wilaya, notamment au mois de Ramadhan dernier en procédant à plusieurs donations aux enfants hospitalisés, au centre des personnes âgés de Boukhalfa ou encore à la DAS» à laquelle ces commerçants ont remis un chèque de pas moins de 315 Millions de centimes. «C’était lors de la soirée du 27e jour et c’était en présence des autorités locales à la maison de la culture au moment où la direction de l’UGCAA avait brillé par son absence en tant qu’entité. C’est sans doute ce jour-là que la direction actuelle avait pris une franche gifle qu’elle a toujours du mal à digérer», commente M. Djebar. Ce qui n’a pas été sans conséquence sur le fonctionnement interne de la structure puisque, depuis, un conflit a pris naissance entre les commerçants et les dirigeants de l’association en place pour aboutir à l’action d’envergure d’aujourd’hui. En effet, il y a lieu de signaler que la grève des commerçants n’a pas touché que le chef-lieu de la wilaya mais quasiment l’ensemble des chef-lieux de daïras à l’image de Fréha, Maâtkas, Souk El Tenine, Draâ Ben Khedda, Azazga, Tizi-Rached, Ouadhias, Beni Douala… à noter enfin que des représentants des commerçants seront reçus par le wali Bouderbali mardi prochain puisque ce dernier n’a pu les recevoir hier vu qu’il était absent, étant dans la délégation du ministre de la Santé en visite dans la ville de Tizi-Ouzou.

Hocine Moula

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