Au grand dam de tous les collectifs relevant du secteur de la santé, la loi sanitaire, contrairement à ce que le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalières, Mourad Redjimi, avait déjà déclaré lors de ses sorties médiatiques, ne passera pas à la Chambre basse parlementaire dans sa session de printemps. Pourtant, le ministre l’avait bel et bien. Apparemment, elle est annoncé renvoyée aux calendes grecques. A quoi est dû ce report ? Du côté du ministère de la Santé, c’est le silence radio. Toutes nos tentatives d’avoir des réponses à cette question ont été vaines. Les responsables de la communication auprès du département de M. Redjimi, contacté avant-hier pas nos soins, étaient injoignables. Contacté également ce dernier par téléphone, son assistant, car c’est lui qui a répondu, a refusé de donner suite à notre requête. Espérant avoir quelques échos au niveau des syndicalistes du secteur, à l’image du SNPSSP, SNPSP et les paramédicaux, pour ne citer que ceux-ci, là aussi, le résultat n’a pas été fructueux. Ces derniers, par la voix de leurs porte-parole, ignorent complètement les raisons du report et même quand cette loi, tant attendue, sera programmée dans la mesure où « ils n’ont pas été ni saisis ni concertés pour l’élaboration de la dernière mouture », pour reprendre les dires de certains syndicalistes. Dr Yousfi, président du syndicat des praticiens spécialistes de la Santé publique, a souligné que le ministère de la Santé a refusé de rendre publique la dernière mouture de cette loi. « Nous l’avons demandé à mainte reprises, mais nous n’avons pas eu de suite favorable ». Lui emboîtant le pas, le Dr Bessbas, pour sa part, a déploré le fait que la tutelle « n’agit pas dans la transparence ». Toujours sur la même lancée, Dr Bessbas estime que le fait que cette loi n’a pas été encore programmée et fait objet de plusieurs rapports, c’est par ce que » le département du Dr Redjimi est dans l’incertitude quant à la faisabilité ou pas de cette mouture « . Et de préciser : « Je pense qu’aucun syndicat du secteur n’a eu une copie. Donc nous ne savons pas qu’elles sont les modifications qui ont été introduites par rapport à la dernière mouture à laquelle nous avons participé ». Sur ce, le Dr Yousfi, a rappeler qu’en juillet 2003, à l’époque de l’ex-ministre de la santé, Abdelhamid Aberkane, tous les partenaires sociaux ont reçu l’avant-projet de loi sanitaire et ont été sollicités à émettre leurs réserves et leurs propositions. Pour ce faire, il leur a été accordé quatre mois. En juillet 2003, un séminaire national a été organisé pour analyser les suggestions des uns et des autres, a souligné de surcroît Dr Yousfi. « Juste après le ministre a décidé de la soumettre à l’APN au mois d’octobre. Avec l’arrivée du Dr, Redjimi, tout a changé. A chaque fois, il annonce sa présentation à l’APN sans pour autant le faire ». D’après lui, le ministre de la Santé aurait déclaré que la loi sanitaire sera soumise aux députés de l’hémicycle zighout Youcef lors de la session de l’automne, puis il l’a déférée au printemps. Lounes Ghachi, porte-parole des paramédicaux espère que cette loi verra « le jour » très prochainement et que leur statut sera revalorisé. Pour Dr Bessbas, les réformes sont impératives, voire urgentes. Selon lui, le système de santé actuelle est « caduque ». Pour y remédier, ce dernier a plaidé pour l’organisation d’une conférence nationale traitant le sujet relatif au système de la santé. Dr Yousfi exige, pour sa part, que les partenaires sociaux soient concertés dans ce processus de réforme.
Wassila Ould Hamouda
